Récit et portrait d'Antonio Giacomo Stradivarius, artisan admirable et luthier de génie, qui consacra toute sa vie au violon, scellant à jamais le destin de cet instrument.

Stradivarius de 1684
Stradivarius de 1684 © AFP / Isaac Lawrence

Dans cette Chronique Sauvage, diffusée pour la première fois sur France Inter le 31 octobre 1987, Robert Arnaut le biographe, nous emmène en musique à la rencontre de celui qui apporta au violon toute sa transcendance, Antonio Giacomo Stradivari.

Tout au long de l’émission, nous écoutons des extraits musicaux classiques où se font entendre les sonorités des stradivarius, ces instruments créés par l’artisan de génie, ces violons qui ont traversé le temps.

Les invités

  • Étienne Vatelot, célèbre luthier, décédé en 2013. Il est le fondateur, en 1970, de l'école nationale de lutherie à Mirecourt dans les Vosges.
  • Jean Pavie, luthier, dont l'atelier est aujourd’hui installé à Paris, dans le 8e arrondissement.
  • Augustin Dumay, violoniste et chef d’orchestre. Augustin Dumay joue sur un Stradivarius de 1721 qui a appartenu au violoniste et compositeur autrichien, Fritz Kreisler.

Augustin DUMAY, violoniste :

On prend un violon dans ses bras comme on prend un enfant dans ses bras.

Le mystère d’une résonance

Le très jeune Antonio Giacomo Stradivari étudie le difficile métier auprès du maître Amati, dont l'un des ancêtres, Andrea Amati (v. 1505/1510-1577), invente le violon à partir de la viole. Remarquable élève luthier, Antonio Stradivari signe très tôt, dès 1666, la facture des instruments de son propre nom, Stradivarius.

Du temps de Stradivarius, le bois d’érable sycomore provenant d’Europe centrale était déjà très convoité pour sa qualité dans la fabrication de l’âme, ce petit bout de bois qui maintient la table du violon et permet une résonance idéale.

La confection des violons en lutherie reste toujours empirique, dans ce qui reste un mystère toujours recommencé, pour chaque instrument.

Le secret d’un vernis

Selon les luthiers interviewés, le fameux vernis de Stradivarius était apparemment fabriqué par un apothicaire de génie, le célèbre luthier le fluidifiait un peu et rajoutait seulement de la couleur.

En 2009, des chercheurs publient une étude franco-allemande qui ouvre des perspectives nouvelles pour les luthiers d'aujourd'hui, mais qui ne dissipe pas vraiment le mystère entourant le savoir-faire du célèbre luthier.

Stradivarius, un génie

Imaginatif, Stradivarius possédait également un génie anticipatif, car il avait compris le destin soliste du violon ainsi que l’ampleur des salles futures.

Pour cela, il modifia petit à petit la facture des instruments, au détriment de toute tradition.

La production d’Antonio Stradivarius est telle qu’il est possible de discerner l’évolution de son art à l’aune des instruments qu’il a créé au fil des ans.

Sur les 1 200 violons signés de la main du maître, il en reste 450 de par le monde.

Stradivarius et France Inter

En mai 2017, dans sa chronique La Une de la Science de l'émission La Tête au Carré, Axel Villard s'entretient avec l’acousticienne Claudia Fritz qui a mené une enquête pour le CNR, enquête qui aurait abouti à la conclusion que les Stradivarius échouent au test à l'aveugle contre les meilleurs violons actuels.

Le violoniste et chef d'orchestre Augustin Dumay, "marié avec son Stradivarius" comme il le dit si bien, était l’invité de Frédéric Lodéon dans l’émission Carrefour de l’Odéon du 19 février 2013.

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