Le portrait de Mona Lisa réalisé au début du XVIe siècle par Léonard de Vinci reste une énigme. Plongeons-nous dans cette Chronique Sauvage comme dans un polar !

Le sourire de Mona Lisa, détail du tableau La Joconde, peint par Léonard de Vinci entre 1503 et 1506
Le sourire de Mona Lisa, détail du tableau La Joconde, peint par Léonard de Vinci entre 1503 et 1506 © Getty / SuperStock

Robert Arnaut, producteur et animateur de l'émission Chroniques Sauvages, nous embarque dans une enquête où se mêlent les suppositions les plus abracadabrantes mais aussi les événements les plus loufoques ! Entré depuis bien longtemps dans l'imaginaire collectif, ce portrait de Léonard de Vinci, adoré, volé, imité, idolâtré, abîmé, décliné à l'infini, restera toujours un mystère.

Les invités

Pour cette rediffusion du 27 octobre 1990, le producteur Robert Arnaut s'entretient avec :

  • Vincent Pomarède, auteur de La Joconde aux éditions Prat Europa, et qui deviendra en 1991, le conservateur du département peinture du Musée du Louvre.
  • Jérôme Coignard, journaliste et auteur de On a volé la Joconde aux éditions Polar.
  • Serge Bramly, romancier et biographe de Léonard de Vinci.
  • Pierre Rosenberg, historien d'art, a fait toute sa carrière au musée du Louvre, qu'il a largement contribué à moderniser, comme conservateur, chef du département des Peintures de 1987 à 1994, puis président-directeur de 1994 à 2001.

Le portrait le plus célèbre du monde

Célèbre pour sa qualité technique : la peinture à l'huile, des glacis, infimes couches de couleur transparente qui augmentent la profondeur des teintes et harmonisent les couleurs ; le sfumato, cette technique, propre à Léonard de Vinci, qui donne une impression vaporeuse des lignes et des contours du sujet. La Joconde a eu une influence certaine, et surtout sur les peintres de Milan pendant la première moitié du seizième siècle.

Célèbre pour son impact sur le public. Depuis toujours, des millions de touristes s'arrêtent devant elle, oubliant de regarder les œuvres qui l'entourent ! Les touristes viennent au Louvre surtout pour la voir, et l'on pourrait presque dire " Voir La Joconde et mourir !".

Et enfin célèbre pour toutes les aventures rocambolesques que ce petit portrait de 77 centimètres sur 53, une simple planche de bois de peuplier peint, une œuvre si fragile, va connaître, depuis sa conception jusqu'à aujourd'hui !

La Joconde : un sujet jamais élucidé

(quelques minutes avec Jean Mineraud autour de ce mystère de La Joconde)

Son sourire tellement envoûtant… magie de la peinture de la Renaissance italienne… mais aussi son modèle… un homme peut-être, Francesco del Giocondo, petit ami de Léonard de Vinci… et non pas Lisa Gherardini, cette bourgeoise florentine qui donna le nom de Mona Lisa au tableau…

Les dates de sa création, courant sur quelques années, les raisons d'une commande qui n'aboutit jamais, l'oubli relatif dans lequel la peinture sombra pendant deux siècles… sans oublier les péripéties de son itinéraire à travers la France et l'Italie, des revirements dignes d'une enquête policière.

Tout, vraiment tout reste mystérieux et sujet à conjectures, et les invités de Robert Arnaut se succèdent au micro, pour évoquer les multiples aspects de cette fascination.

Ils racontent aussi, en détail, les événements qui viennent bousculer la tranquillité de l'œuvre : le vol de 1911 par un ouvrier italien, événement qui la fera entrer dans l'imaginaire collectif, la dégradation intentionnelle de 1956 par un étudiant bolivien, mais aussi diverses thèses contradictoires, et puis un scoop en cette année 1990, annoncé par Pierre Rosenberg !

(Barbara chante La Joconde sur des paroles savoureuses signées Philippe Meyer !)

La Joconde, une icône

En 1930, Marcel Duchamp, le spécialiste du ready made, initie le processus de désacralisation en effectuant une remarquable copie en mine graphite sur héliogravure, à laquelle il ajoute des moustaches et une barbiche et en titrant L.H.O.O.Q. La Joconde est tombée de son piédestal !

D'autres suivront, Dali, Warhol, Basquiat, etc. (voir article du journal Le Point - 2011- intitulé _Un siècle de jocondoclasme_) jusqu'à ce mois de juin 2017 où un musée du Street Art à ciel ouvert dans le treizième arrondissement de Paris offre une fresque monumentale inspirée librement de Mona Lisa.

Le street artiste espagnol, Oscar San Miguel Erice alias Okuda, auteur de l'œuvre, précise :

Je lui ai mis un sac car Paris est la capitale de la mode. Mona Lisa fait vendre.

La Joconde, ambassadrice de la France

En 1963, le ministre de la Culture, André Malraux, soucieux du prestige de la France, décide de faire voyager le portrait de Mona Lisa.

Pierre Rosenberg, tout juste nommé au Louvre, est chargé de veiller sur l'œuvre à chaque instant au cours de ces voyages à travers le monde. Il nous raconte quelques détails croustillants des allées et venues du portrait, dignes d'un chef d'état, avant que l'idée d'une doublure ne surgisse, car l'œuvre originale, hélas, souffre dans les transports !

Peinte à l'huile sur panneau de noyer, cette "doublure" est dénichée dans les collections du musée du Prado de Madrid et sa qualité se révèle après sa restauration. Les experts confirment une réalisation contemporaine de l'original, dans l'atelier de Léonard de Vinci.

Si elle n'a pas la magie du tableau réalisé par le maître, la copie de la Joconde est un très beau tableau, qui aide à comprendre l'élaboration de l'œuvre originale.

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