Dans cette Chronique Sauvage de 1988, Robert Arnaut évoque la personnalité ambiguë de Marthe Richard et dresse un tableau de la prostitution en France à la fin des années 1980.

Marthe Richard rédigeant ses mémoires (1973)
Marthe Richard rédigeant ses mémoires (1973) © AFP / APP1999102945100

Robert Arnaut, journaliste et enquêteur, dans cette émission qui décrit intelligemment la situation délicate des prostituées à l’aube des années 1990, illustrée de chansons parfois oubliées.

Cette Chronique Sauvage, qui fut en première diffusion le 24 septembre 1988 sur France Inter, nous informe sur la personnalité de Marthe Richard, celle qui fut à l’origine de la loi de 1946, mais nous aide aussi à retracer le destin d’une loi et nous permet d’entendre divers avis de l’époque sur la question de l’esclavage sexuel des femmes, une question toujours d’actualité et une réalité encore occultée.

La loi Marthe Richard du 13 avril 1946 va abolir en France le régime qui tolérait depuis 1908 le métier de proxénète et imposer la fermeture des maisons closes.

Révolu le temps des "maisons de tolérance" et des "filles de joie".

Ce temps, évoqué dans ce film de 1965, Les Bons Vivants, réalisé par Georges Lautner et Gilles Grangier;

Ici, les comédiens Jacques Marin et Jacques Masson discutent du futur sans ces "maisons closes".

Les invités

  • Alphonse Boudard, écrivain, biographe de Marthe Richard / La fermeture, paru aux éditions Le Livre de Poche en 1987.
  • Madame X, cette tenancière de maison close a rencontré Mistinguett qui lui a fait côtoyer des personnages des hautes sphères.
  • Madame Y, cette tenancière de maison close porte un jugement sur la situation de déréliction des prostituées après la loi de 1946.

L’émission nous permettra aussi d’entendre la voix de Marthe Richard à divers moments-clés de l’actualité autour de la fermeture des maisons closes.

La Complainte des Filles de Joie par Georges Brassens, ici la version du concert à Bobino. (Archives Ina)

Georges Brassens :

Bien que ces vaches de bourgeois les appellent les filles de joie, c’est pas tous les jours qu’elles rigolent.

Marthe Richard, personnage de roman

Alphonse Boudard dénonce la mythomanie du personnage qui dit avoir connu Mata-Hari et vécu un destin similaire d’espionne ; il lui reproche surtout de ne jamais avoir déclaré officiellement qu'elle était une ancienne prostituée.

Vous pouvez retrouver ci-dessous une interview télévisée de Marthe Richard sur la loi du 13 Avril 1946 qui porte son nom.

Ce document est extrait de Dossier Prostitution, un long-métrage de Jean Claude Roy, produit par Samourai Films. Ces images ci-dessous sont commercialisées en extrait par L'Atelier des Archives.

La journaliste et historienne franco-britannique Natacha Henry dresse un portrait plus sensible que celui d’Alphonse Boudard dans sa biographie d’une femme qui n’a reculé devant rien pour faire de sa vie le plus éblouissant des romans et qui a construit sa propre légende.

L'ouvrage de Natacha Henry, Marthe Richard. L'aventurière des maisons closes, paru en février 2016, est estimé comme une biographie de référence pour les soixante-dix ans de la fermeture des maisons closes.

Vous pouvez lire un extrait du livre ici.

Comme toutes les questions sensibles, celle de la prostitution réapparaît de manière récurrente dans l’actualité mais sans jamais aboutir.

Juliette Gréco chante Nos Chères Maisons, un texte de Bernard Dimey sur une musique de Francis Lai.

Pour en savoir plus

Laure Adler a écrit un ouvrage de référence sur la vie quotidienne dans les maisons closes. Ce livre, paru aux éditions Fayard en 2013, se veut aussi un hommage à ces "filles de joie" qui ont marqué la société d’une empreinte plus profonde qu’il n’y paraît.

L'émission Secrets d’Info du samedi 19 novembre 2016 par Jacques Monin parlait des "nouveaux repaires de la prostitution" avec L'affaire André Rigault.

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