Robert Arnaut révèle ici ses talents de conteur, narrant l'arrivée de Joséphine Baker dans la fameuse Revue Nègre, venue d'outre-Atlantique pour bouleverser Paris en 1925.

Joséphine Baker en 1929
Joséphine Baker en 1929 © Getty / Keystone France

Portrait magnifique d'une femme hors-normes, cette Chronique Sauvage de Robert Arnaut nous offre un récit haletant et savoureux, et, en prime, la voix chantée et parlée de Joséphine Baker, ainsi qu'une interview de l'affichiste Paul Colin, dont le talent servit à merveille les premiers éclats de la danseuse.

Les invités :

  • Joséphine Baker, artiste complète : chanteuse, danseuse, actrice, meneuse de revue américaine naturalisée française.
  • Paul Colin, artiste peintre, dessinateur, costumier, scénographe et affichiste français, l'un des plus novateurs et influents de la première partie du XXe siècle.

La Revue Nègre

En 1925, au musée des Arts Décoratifs, l’exposition d’Art nègre attire l’œil de certains artistes parisiens, dont le peintre cubiste Fernand léger.

La programmation du Théâtre des Champs Elysées, elle, ne semble plus satisfaire les Parisiens.

Son directeur artistique, André Daven, ami du peintre, choisit alors de présenter Les Blackbirds et les danseurs de la Revue nègre, venus d’outre-Atlantique et qui ne laisseront personne indifférent.

Le journal Candide du mois d'octobre 1925 :

Alors entre en scène un personnage étrange... qui marche les genoux pliés, vêtu d'un caleçon en guenilles et qui tient du kangourou boxeur et du coureur cycliste.

Dans cette vidéo où elle danse son charleston, Joséphine incarne la vitalité du jazz des années 1920

Peu importe la critique, les années folles ont soif de ce jazz, avec Sidney Bechett qui est une star à Paris, et surtout de Joséphine Baker, jeune danseuse noire au corps sculptural, vêtue seulement d’une jupette de plumes, et qui fait sensation en dansant son fameux charleston débridé.

Un Tumulte Noir

Le graphiste Paul Colin, élève d'Eugène Vallin et de Victor Prouvé, suit de très près les répétitions. La présence de l’éblouissante Joséphine l’inspire infiniment et il contribue, par le succès de ses affiches du spectacle, à lancer la carrière de la jeune danseuse.

Joséphine Baker, évoquant Paul Colin :

Avec lui, pour la première fois, je me suis sentie belle

Après la Première Guerre mondiale, Paul Colin deviendra le chef de l'école moderne de l'affiche lithographiée. Il aura imaginé avec talent plus de 1 400 affiches, de décors de théâtre et de costumes, en quarante années de création pour les arts de la scène et le monde du spectacle.

Paul Colin regroupe quarante-cinq lithographies des affiches du spectacle sous le titre Un Tumulte Noir. Cet ouvrage sur La Revue Nègre est publié en 1927 aux éditions de La Martinière et reste un ouvrage d’art qui traverse le temps, ce qu'on appelle un chef-d'oeuvre.

Joséphine, reine de Paris

Née en 1906, dans le Missouri, d'origine métissée afro-américaine et amérindienne des Appalaches, Joséphine Baker aime danser pour se sentir exister.

Lorsqu’elle débarque à Paris avec la Revue Nègre, elle fuit aussi l’Amérique raciste.

Joséphine Baker avait pour devise :

Rien n’est impossible à qui le veut

Si certaines critiques de l’époque expriment le refus d’un choc culturel, Joséphine Baker a ses fans. Parmi eux, de nombreux artistes, tels Fernand Léger, Kees Van Dongen, Le Corbusier, Colette, Jean Cocteau, Pablo Picasso ou encore René Crevel.

Par sa liberté de ton et d’allure, son indépendance d’esprit, sa personnalité hors-normes, son succès lié à cette présence explosant tous les codes, le phénomène Joséphine Baker devient l’emblème des années folles et marquera l’apogée de la « mode nègre « en art.

Baker sur Inter

Pour en savoir plus sur Joséphine Baker, vous pouvez écouter l’émission du 29 mai 2015 d’Affaires Sensibles, du producteur Patrick Liegibel, une fiction radiophonique écrite par Philippe Nottret et réalisé par Michel Sidoroff, Joséphine Baker : une vie entre paillettes et combats.

Vous pouvez également relire cette page de France Inter qui décrit le roman graphique sur la vie de Joséphine Baker de Catel sur un scénario de son compagnon José-Louis Bocquet. Vous y trouverez également un magnifique hommage de la dessinatrice Catel à Joséphine Baker, sous la forme d'une interview avec Anne Douhaire.

La Marche de l’Histoire du mercredi 25 novembre 2015 est également consacrée à l'artiste. Jean Lebrun reçoit Martin Pénet, journaliste, historien de la chanson, chroniqueur à France Musique et France Culture et directeur artistique de rééditions patrimoniales.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.