Dans ce voyage sonore émaillé de rencontres et de découvertes, Robert Arnaut le bourlingueur, nous emmène en France, à la rencontre d'un fleuve splendide et sauvage, La Loire.

La Loire, vue aérienne du fleuve
La Loire, vue aérienne du fleuve © Getty / Patrick Durand

Une Chronique Sauvage qui porte bien son nom, puisque nous partons avec Robert Arnaut à la découverte du fleuve le plus sauvage de France : La Loire !

Les hommes du fleuve

Diffusée pour la première fois le 13 janvier 1996, l’émission nous emmène à la rencontre de tous ceux qui vivent près du fleuve, géographes, personnels navigants, scientifiques, contrôleurs de crues, botanistes, anciens sabliers, ainsi que l’association SOS Loire vivante- ERN France, co-fondatrice du Fonds pour la conservation des rivières sauvages et l'association des Bateaux du Port de Nantes.

(Tous défendent le côté indompté de la Loire comme garant de l’existence même du fleuve, ici Roberto Epplé, président de l'association SOS Loire Vivante, en 2010)

Un fleuve multiforme

Depuis ses sources au Mont-Gerbier-de-Jonc en Ardèche, dans le Massif du Mézenc, à 1551 mètres d’altitude, jusqu'à son embouchure vers l’Océan Atlantique, dans l’estuaire de Saint-Nazaire, le fleuve tour à tour s’affine ou se gonfle, et toujours intrigue les hommes qui restent sur ses berges ou s’aventurent sur son cours capricieux.

D’un premier mystère des sources à la pureté de l’eau, de la poésie de la mémoire des lieux à l’émerveillement devant la faune et la flore originales, nous partons au fil de l’eau, en compagnie de Robert Arnaut, dans un périple sonore et palpitant.

Joachim du Bellay, le poète, né au XVIe siècle en Anjou, auteur du poème Heureux qui, comme Ulysse…

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux, Que des palais romains le front audacieux, Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine, Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin, Plus mon petit Liré, que le mont Palatin, Et plus que l’air marin la douceur angevine.

Si Robert Arnaut, dans sa belle voix, nous donne à entendre ces quelques vers avec bonheur, il nous donne envie d'en écouter encore plus, et c'est la voix de Gérard Philipe que nous convoquerons ici, pour savourer le poème in extenso…

Un fleuve capricieux

La Loire bien souvent s’agite, bouge, grossit, monte soudain en crue et les hommes ont depuis longtemps cherché à la maîtriser, ou du moins à la surveiller au plus près.

Depuis les sources et déjà, le premier barrage à une vingtaine de kilomètres, celui De La Palisse, en Ardèche, réservoir de régulation pour l'usine hydro-électrique de Montpezat, nous traversons les plaines, les défilés, les vallées encaissées et les très anciens monts du Velay.

Nous découvrons Roanne, devenue aujourd’hui une ville au port de tourisme important, puis les Monts du Beaujolais et du Charolais, nous traversons Nevers, La Charité-sur-Loire, et la ville de Briare qui vécut son essor au XVIIe siècle, sous Henri IV, grâce à la construction d’un canal reliant la Seine et la Loire.

Les crues de la Loire, soudaines, les bancs de sable, fragiles, donnent au fleuve sa réputation de navigation délicate. Nous apprenons que le fleuve n’est pas à proprement parler « navigable » et que les bateaux rencontrent d’innombrables difficultés qui font de la batellerie tout un art !

Un fleuve prospère

De nombreux métiers se sont développés le long de la Loire, au fil des saisons, au fil des ans, et la mémoire reste vive, malgré le développement de nouvelles techniques.

Au XIXe siècle, par exemple, existaient encore en nombre les meuniers et leurs moulins flottants ; les lavandières, lavant le linge à genoux dans leurs cabassons ou attablées au bateau-lavoir.

Les tireurs de sable récoltaient, à la main ou avec des machines, le précieux sable de qualité, celui qui contribuait à la réputation des maraîchers qui cultivaient la délicieuse mâche ; les passeurs qui menaient leurs barques d’une rive à l’autre, simples pêcheurs ou professionnels du transbordement.

Un fleuve original

Les différents bateaux, barques, barges, chalands, fûtreaux, gabares ou toues, mènent les hommes d’une rive à l’autre, d’un port à l’autre, d’une région à l’autre, sur des itinéraires diversifiés.

_(En 2008, Jean Bourgeois, photographe tourangeau, publie un livre sur les marins de Loire, avec 300 photographies. Un reportage de France 3 Centre)_

Arrivé à l’embouchure, le fleuve impose encore son originalité puisque les pilotes eux-mêmes sont tenus de laisser la place aux experts qui connaissent parfaitement les caprices de cette Loire indomptable.

Capricieuse mais fertile, traversant douze départements et 356 communes, s'étendant sur 1006 kilomètres, la Loire est vraiment le plus long fleuve de France !

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