Diffusée pour la 1ère fois le 21 juillet 1990, à la veille de l'arrivée de la 77è édition, remportée par Greg Lemond, cette chronique sauvage nous fait voyager dans le temps.

Voiture décorée du portrait de Maurice Garin, à l'occasion du 100è anniversaire du Tour - 2003
Voiture décorée du portrait de Maurice Garin, à l'occasion du 100è anniversaire du Tour - 2003 © AFP / Joël Saget

Ce siècle avait trois ans. Le 1er juillet 1903, à Montgeron, à l'intersection des routes de Melun et de Corbeil, i est 15h16 lorsque les 60 concurrents s'élancent.

Dès le début, les deux favoris ont pris la tête. Hippolyte Aucouturier a déjà gagné cette année-là les épreuves les plus prestigieuses : Bordeaux - Paris et Paris - Roubaix. Mais il y a Petitbreton et… Garin.

C'est Maurice Garin qui a la préférence de Robert Arnaut et c'est avec lui qu'il nous fait revivre la première édition de la Grande Boucle. (Dans le rôle de Maurice Garin, vous reconnaîtrez ... Denis Cheissoux)

Le Tour de notre pays à bicyclette

Une idée folle. Le journaliste Géo Lefevre se souvient :

Le tour de France est né d'une aventure politique qui a été un drame effroyable : l'affaire Dreyfus.

À la fin du XIXe siècle, le quotidien Le Vélo qui tire à 300 000 exemplaires détient le monopole de la presse spécialisée dans le sport. Son rédacteur en chef, Pierre Giffard, associe son journal à ses engagements personnels et prend position dans les colonnes de son quotidien en faveur du capitaine Dreyfus, ce qui déplaît aux industriels du cycle et de l'automobile, pour la plupart antidreyfusards et qui financent son journal par la publicité.

En juin 1899, le comte Jules-Albert de Dion, un industriel fondateur de la marque De Dion-Bouton, pionnier de l'automobile, est condamné à quinze jours de prison pour son implication dans une bagarre provoquée par des antidreyfusards. Pierre Giffard critique alors publiquement l'engagement politique du comte de Dion et demande sa démission de la présidence de l'Automobile Club de France. De là naît un conflit entre les deux hommes, qui pousse notamment Pierre Giffard à ne plus faire mention des voitures De Dion-Bouton dans les pages de son journal. Le comte de Dion prend alors ses distances avec Pierre Giffard et décide de créer son propre journal, L'Auto-Vélo.

Ils confient la direction de ce nouveau quotidien à Henri Desgrange, ancien coureur cycliste et premier recordman de l'heure, mais également spécialiste de la presse sportive. Alors que Le Vélo est publié sur papier vert, Henri Desgrange fait éditer son quotidien sur papier jaune. Lancé le 16 octobre 1900, à l'occasion de l'Exposition universelle et des Jeux olympiques de Paris, le quotidien est condamné le 2 janvier 1903 pour usurpation de titre lors d'un procès intenté par les directeurs du quotidien Le Vélo. Ne pouvant plus comporter le mot vélo, le journal est alors rebaptisé L'Auto.

Henri Desgrange
Henri Desgrange © AFP

Alors qu'il craint que les lecteurs passionnés de cyclisme ne se détournent de son quotidien à cause de sa nouvelle appellation, Henri Desgrange sollicite ses collaborateurs afin d'élaborer une course qui dépasserait en renommée celles organisées par Le Vélo. Lors d'une conférence de rédaction suivie d'un déjeuner dans une brasserie parisienne, le journaliste Géo Lefèvre propose alors à son patron d'organiser une course cycliste qui ferait le tour de la France. D'abord sceptique, Henri Desgrange approuve finalement le projet.

Le 19 janvier 1903, L'Auto annonce dans sa une la création du Tour de France, "la plus grande épreuve cycliste jamais organisée."

1903, c'est aussi:

  • Le 1er vol motorisé effectué par les frères Wright, Il y eut une première tentative le 14 décembre 1903 (ce vol test de Wilbur se révèle un échec) puis le 17 décembre 1903, avec l'appareil baptisé Flyer.
  • La visite d'Edouard VII, le très francophile roi d'Angleterre. Visite qui favorisera la signature de l'Entente cordiale quelques mois plus tard,
  • La création du prix Goncourt, "un prix de 5000 francs destiné à un ouvrage d'imagination en prose paru dans l'année". Telles étaient les consignes d'Edmond de Goncourt dans son testament. Le premier prix fut décerné à John-Antoine Nau pour Force Ennemie (La Plume).
  • L'ouverture du musée Victor Hugo place des Vosges.

Pour aller + loin

Histoire de Sport avec Thibault Lefebvre
Un tour de France par Denis Cheissoux
La marche de l'histoire : Les Zola dans la tempête de l'affaire Dreyfus

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