"Les dirigeants du Festival se demandaient ce que le festival allait devenir. Ils écoutaient ce qui se passait à Paris, les bruits de grenade au quartier latin. L’idée de Robert Favre Le Bret était de tenir jusqu’au bout alors qu’on apprenait petit à petit que les Truffaut, Godard, Resnais voulaient faire arrêter le Festival. Il était indécent selon eux de continuer. Les étrangers ne comprenaient rien, les professionnels voulaient un Cannes comme chaque année. Et puis ceux qui arrivaient surexcités. Parallèlement on avait vidé Langlois de la Cinémathèque. Les Américains s’étaient mêlé de ça. Quand Truffaut est arrivé en parlant du comité de défense de Langlois, Godard a dit : il y a plus important, il faut arrêter le Festival de Cannes… Favre le Bret cherchait à gagner du temps en faisant des concessions. Dans la salle agora, on s’insultait, on échangeait des injures. Carlos Saura et Chaplin se sont opposé à la projection de leur film, Peppermint frappé, se sont suspendus aux rideaux, échanges de coups, Truffaut s’est bagarré. Les RG ont dit à Favre le Bret : ça va mal tourner, il va y avoir des blessés. Il a réuni son conseil et le lendemain à midi ils ont arrêté le Festival. Epouvantable pour lui, il avait le respect des étrangers, peur qu’ils ne reviennent pas etc. Tout le monde est reparti, essence au marché noir, 6 jours pour arriver à Paris. J’en ai gardé le souvenir de films qui me plaisaient bcp comme Au feu les pompiers et Les Gauloises bleues". Gilles Jacob

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