Clara Dupont-Monod et ses chroniqueurs Alexis Lacroix et Gilles Heuré reçoivent ce samedi Jean Teulé pour son roman "Fleur de Tonnerre" (Julliard)

Hélène Jégado a tué des dizaines de ses contemporains sans aucune raison apparente. Quels secrets renfermait cette tête qui, le 26 février 1852, sur le Champ de mars de Rennes, roula dans la corbeille de la guillotine ?

Fleur de Tonnerre
Fleur de Tonnerre © radio-france

C'était au temps ou l'esprit des Lumières et le catéchisme n'avaient pas soumis l'imaginaire populaire aux lois de la raison et du Dieu unique. Partout en Bretagne, dans les forêts et les landes, sur les dunes fouettées par les vents fous de l'Atlantique, couraient les légendes les plus extravagantes. Le soir, au creux des fermes, on évoquait inlassablement les manigances des êtres surnaturels qu'on savait responsables de la misère et des maux qui frappaient sans relâche. De tous, l'Ankou, l'ouvrier de la mort, était le plus craint, et c'est cette terrible image qui frappa avec une violence inouïe l'esprit de la petite Hélène Jégado. Blottie contre le granit glacé des gigantesques menhirs, l'enfant minuscule se persuada qu'elle était l'incarnation de l'Ankou. Elle devait donc tuer tous ceux qui se trouveraient sur sa route et remplit sa mission avec une détermination et un sang-froid qui glacent le sang. Après avoir empoisonné sa propre mère qui l'avait surnommée « Fleur de tonnerre », elle sillonna la Bretagne, éliminant sans la moindre hésitation tous ceux qui accueillaient avec bonheur cette cuisinière si parfaite. Elle tuait tout le monde, hommes, femmes, enfants, vieillards et nourrissons. Elle empoisonnait dans les maisons, dans les presbytères, dans les couvents, dans les bordels. Et elle était si bonne, si compatissante aux chevets des mourants, que personne ne pouvait soupçonner un seul instant son monstrueux dessein. Au contraire, on plaignait cette personne si dévouée que la malchance conduisait toujours dans des familles victimes de la guigne. À laisser trop de traces, elle finit par se faire prendre, le jour ou elle s'attaqua à un ancien juge, expert en affaires criminelles. Hélène Jégado reste la plus grande « serial killer » de France et, sans doute, du monde entier.

Idées reçues

  • "L’écriture d’un roman c’est un mystère"

Vrai selon Clara Dupont-Monod, mais il peut être levé grâce à un festival gratuit comme « Les journées des écrivains du sud », les 5 et 6 avril à Aix en Provence où les écrivains raconteront comment ils fabriquent leurs romans.

  • "La capitale de l’Espagne, c’est Madrid"

    Faux d'après Gilles Heuré, c’est Barcelone, la preuve avec La grande embrouille d'Eduardo Mendoza (traduction François Maspero) au Seuil.

L'anniversaire oublié

Gilles Heuré évoque le 30 mars 1814 : fin de la bataille de Paris, défaite de Napoléon face aux armées européennes, mais l’aventure n’est pas finie…

A lire, Cent jours. La tentation de l'impossible, mars-juillet 1815 d’Emmanuel de Waresquiel (Fayard)

Mais pourquoi

Mais pourquoi la parole d’un génie est-elle reconnue si tard ?

Clara Dupont-Monod interroge Laurent Lemire, l'auteur de Ces savants qui ont eu raison trop tôt (Tallandier)

Le neurone en folie

Alexis Lacroix évoque Petites histoires sexy de l’histoire de France de Margaux Guyon (Hugo Doc)

La vie secrète du libraire

Tous les quinze jours, Clara Dupont-Monod avec le magazine Page des librairesinterroge__ un libraire de France sur les coulisses de son métier: la question la plus farfelue qu'il a entendue dans sa boutique, le livre qu'il a été le plus fier de vendre...Le libraire sous toutes ses coutures!

Cette semaine, Mélanie Le Loupp de la librairie Lettre et merveilles (Pontoise) évoque notammentAccabadora de Michela Murgia (Seuil), Hosanna de Jacques Chessex (Grasset) et Immortelles de Makenzy Orcel (Zulma)

En partenariat avec le magazine Page des libraires et le magazine Transfuge

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