En cette période où les artistes sont durement touchés par la crise sanitaire, France Télévisions lance une chaîne culturelle éphémère, Culturebox, avec au programme du théâtre, de la danse et de la musique... Dont la Dame Blanche, opéra-comique à succès composé par François-Antoine Boieldieu.

On pourra y voir ce soir le très beau Ballet Royal de la Nuit par le chef Sébastien Daucé avec son Ensemble Correspondances, dont quelques représentations qui avaient pu être données à l’automne, c’est un spectacle plein de fantaisie et musicalement enchanteur. 

Mardi prochain, l’opéra sera à l’honneur avec La dame Blanche de François-Adrien Boieldieu dans une production de la co-opérative dirigée par Nicolas Simon, à la tête de l’ensemble les Siècles, et mis en scène par Louise Vignaud...

« La dame Blanche » est un opéra comique qui eut un immense succès au XIXème siècle, joué plus de 100 fois en 1825, l’année de sa création, et repris énormément jusque dans la première moitié du XXème, avant de tomber légèrement dans l’oubli...

C’est un ouvrage à la fois léger et dramatique, une première incursion française, expliquent Elise Vignaud et Nicolas Simon, sur la voie du romantisme, et c’est là toute sa singularité! Nous sommes entre la grande fresque populaire et le roman d’initiation.

Nous sommes en Ecosse, en 1759, près du château des comtes d’Avenel,  en déshérence depuis l’exil de leurs propriétaires et la mystérieuse disparition de leur fils, Julien. 

A l’acte I, un certain Georges Brown, officier du roi aux souvenirs confus parcourant les campagnes à la recherche de sa bien aimée disparue, débarque chez le couple de fermiers Jenny et Dickson...

Les fermiers lui racontent leur inquiétude pour l’avenir du château des comtes d’Avenel, que veut racheter le parvenu Gaveston, ainsi que l’histoire de la dame blanche, une fée protectrice dont Jenny chantent les louanges...

A l’acte II, nous sommes au château. La jeune Anna, orpheline élevée par les d’Avenel, déguisée en dame blanche, convainc Georges de participer aux enchères, même s’il est sans le sou, car elle connaît la cachette du trésor de la famille...

Elle reconnaît en lui le soldat qu’elle avait autrefois soigné et aimé... et l’on découvrira qu’il n’est autre que le cher Julien disparu.

Dans cette production pleine de charme, portée par de pimpants jeunes chanteurs et accessible à toute la famille, Louise Vignaud a choisi de transposer la fable dans un monde animalier, un monde imaginaire, écrit-elle, aux proportions étranges où le merveilleux prend le pas sur le réalisme. 

Car si la musique regorge de beautés, il était nécessaire pour elle de proposer un regard nouveau sur cette histoire pour qu’elle entre en dialogue avec le public actuel. 

« Notre Dame Blanche, nous la voyons comme un conte âpre, beau et inquiétant. »  Louise Vignaud, metteuse en scène

Ce n’est pas le bonheur d’un monarque retrouvé dont il est question, mais de la prison dans laquelle les peuples s’enferment eux-mêmes en ayant peur de l’inconnu. Et il n’est pas plus brûlant comme sujet auquel se confronter...

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