"Le Violon de Proust" est un disque interprété par Gabriel et Dania Tchalik qui vient de paraître sur le label Évidence. Il réunit des sonates pour violon et piano de Cesar Franck, Reynaldo Hahn et Camille Saint-Saëns.

Un violon sur une partition de musique
Un violon sur une partition de musique © Getty / wragg

Dans La Recherche du Temps Perdu, un morceau de musique tient une place centrale, comme un personnage à part entière, revenant tout au fil de l'œuvre. Ce morceau , c'est la Sonate de Vinteuil. C'est lors d'une soirée chez les Verdurin que Charles Swann, écrivain raté mais esthète sensible et cultivé l'entend pour la première fois.

On peut penser que la Sonate de Franck en a été le principal modèle. Une sonate Proustienne, dans le sens où Franck cherche le mystère qui se cache derrière le phénomène. Une oeuvre introspective,  où on ne sait jamais vraiment où on est...

"La petite phrase" de la Sonate de Vinteuil évoquée de façon récurrente, qui rappelle à Swann la figure d'Odette, son amante puis sa femme, serait elle inspirée par le souvenir d'un thème de la Sonate n°1 de Camille Saint-Saëns. Vraisemblablement par le deuxième thème du premier mouvement, l'Allegro Agitato.

Proust était ambivalent avec Saint Saëns.

Il décrit tantôt en évoquant sa source d'inspiration,  je cite, "La petite phrase charmante mais enfin médiocre d'une sonate pour piano et violon de Saint-Saëns, musicien que je n'aime pas". Et parle par ailleurs dans Contre Sainte Beuve d'un génie inspiré de la musique, doué d'une profonde sensibilité". Toujours est-il que ces deux œuvres évoquent deux facettes chères à Proust, l'une classique, l'autre plus nébuleuse.

Reynaldo Hahn, un compositeur qui fut proche de Marcel Proust

Très proche, ils ont été amants. Gerard Kaiser parle d'une relation passionnée, une relation pleine de tourments et de tendresse, qui s'est transformée en une forte amitié qui a duré toute leur vie.

C'est adolescent, il y a une dizaine d'années, que le violoniste Gabriel Tchalik s'est plongé dans l'œuvre de Proust, dont la lecture a été pour lui une révélation. Les textes sur l'art de l'auteur de La Recherche l'ont éclairé sur le rapport à entretenir avec les oeuvres. Chercher l'universel dans l'individuel, trouver, par delà la volonté du compositeur, ce que l'œuvre veut elle même. Faire œuvre en interprétant. Et c'est une interprétation merveilleusement inspirée qu'il nous donne à entendre.

"Je crois que l'essence de la musique, a écrit Proust, est de réveiller en nous ce fond mystérieux de notre âme, qui commence là où le fini et tous les arts du fini s'arrêtent, là où la science s'arrête aussi, et qu'on peut appeler pour cela religieux."

  • Le Violon de Proustpar Gabriel et Dania Tchalik, c'est un disque qui vient de paraître sur le label Évidence.
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