Le grand violoniste a fêté cet été ses 96 ans, l'occasion pour la Philharmonie de Paris de lui rendre hommage dans un concert où le musicien sera entouré de nombreux musiciens amis, Martha Argerich en tête, dans un programme intitulé "Ivry Gitlis & Friends"

 Ivry Gitlis en 2003 dans l'émission Vivement dimanche
Ivry Gitlis en 2003 dans l'émission Vivement dimanche © Getty / Frederic SOULOY/Gamma-Rapho

Ivry Gitlis vient de fêter ses 96 ans cet été, l'occasion pour la Philharmonie de Paris de lui rendre un hommage : Ivry Gitlis and friends, célèbre le sens du partage du violoniste. Il y aura d'autres musiciens.  Notamment sa grande amie, complice depuis un demi-siècle, la pianiste Martha Argerich. Ils ont joué tous les deux dans le monde entier et ont gravé aussi pas mal d’œuvres ensemble. 

Sa famille se cotise pour lui offrir son premier violon

Ivry Gitlis est donc né en 1922 à Haïfa, au nord d'Israël, de parents d'origine ukrainienne. C'est lui qui a quatre ans déjà, réclame son premier violon. 

Sa famille est modeste, mais tout le monde se cotise pour lui offrir son premier violon pour son anniversaire. 

Il commence à six ans et il s'avère qu'il est plus que doué. C'est un enfant prodige. Et sur les conseils du violoniste Branislav Huberman, il vient étudier la musique : en Europe, à Paris, puis à Londres, où ses professeurs sont Carl Flesch, Jacques Thibaud et Georges Enesco, notamment. 

Après la guerre, il joue à la BBC avec l'Orchestre philharmonique de Londres, et se produit au début des années 1950 à Paris. Puis sa curiosité le mène aux Etats-Unis, où il fait la rencontre du légendaire Jasha Heifetz.

Il entre à l'écurie de l'imprésario, une rock qui lui organise des tournées en Union soviétique et aux Etats-Unis

En concerto, il se fait le fervent interprète de compositeur du vingtième siècle : Berg, Stravinsky, Bartok, Hindemith ou encore Sibelius, dont il grave une mémorable version en 1955 du Concerto en ré mineur opus 47 avec Georges Scelle. 

Il a ensuite parcouru le monde avec son violon en défendant beaucoup le répertoire contemporain, la musique tzigane, et en jouant aussi avec les Rolling Stones. 

C'est quelqu'un de très ouvert, pas du tout dans les clous, avec une vitalité assez hallucinante et un charme fou. Quiconque l'a rencontré ou vu en scène peut en témoigner. 

On va d'ailleurs l'écouter lors d'un concert capté par Arte au Festival de Pâques d'Aix en Provence. C'était donc en 2016. Il avait 94 ans avant de s'apprêter à jouer avec Khatia Buniatishvili qui sera en concert avec lui demain. Il s'adresse au public. 

"Alors on va jouer juste quelques pièces. Mais moi, en tant que jeune garçon, j'ai la chance d'entendre Fritz Kreisler jouer _Liebes Leid. "_Liebes", ça veut amour, et "Leid", ça veut dire souffrir. Mais sans souffrance, on ne peut avoir l'amour. Sans amour, on ne peut pas avoir de souffrance. Alors ça va très bien."

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