Pendant ce week-end, la 16ème édition de la Nuit Blanche prend ses quartiers à Paris.

le compositeur Pierre Henry pose dans un studio à Paris, le 09 décembre 2008.
le compositeur Pierre Henry pose dans un studio à Paris, le 09 décembre 2008. © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

La Nuit Blanche qui fête ses 15 ans, et qui aura pour thème cette année "Faire oeuvre commune". Moult événements seront proposés aux 4 coins de la capitale, dont un qui a particulièrement retenu mon attention, "Une nuit, une vie", qui rendra hommage au compositeur Pierre Henry disparu le 5 juillet dernier. Ca aura lieu à la Philharmonie, de 19h à 6h30 du matin , comme un voyage au fil des oeuvres les plus marquantes de l'un des pionniers, et on peut dire le Pape, de la musique concrète. "La Symphonie pour un homme seul", qu'on écoute, créée en 1950, est considérée comme la première oeuvre de musique concrète.Elle est née de la rencontre entre Pierre Henry et son aîné Pierre Schaeffer, qui avait commencé ses expériences de musique concrète à la Radio Television Francaise.

Et qu'est-ce que la musique concrète ?

La musique concrète, en opposition à la musique abstraite, s'écrit à partir de sons et de bruits existants, qui sont collectés, et qui seront ensuite collés, montés et transformés. C'est à dire que le son n'est plus le point d'arrivée, mais le point de départ, la matière première. Et le son a été au Coeur de toute la vie de Pierre Henry. Depuis l'enfance, où il créait, je cite, "des bidules qui sonnaient", jusqu'à ses dernières créations. Quand, en 1954, le chorégraphe Maurice Béjart découvre la "Symphonie pour un homme seul", elle lui inspire immédiatement sa prochaine chorégraphie. L'œuvre lui permet de s'émanciper de son style classique,explique Pierre Henry, et La chorégraphie de Béjart influencera la musique d'Henry de façon décisive. Suivront plusieurs pièces, avant La Pièce pour laquelle Pierre Henry est connu du grand public, la plus célèbre, sans doute d'ailleurs l'une des oeuvres de musique contemporaine les plus populaires au monde, "La Messe Pour le temps présent".

Pour sa création qui se donnera dans la Cour d'Honneur du Festival d'Avignon en 1967, Béjart voulait faire un "spectacle total". Son titre a une double signification: il y la messe, donc une célébration sacrée, une cérémonie collective, liturgique et mystique, et puis le temps présent , l'actualité, le désir de refléter la vie quotidienne de l'époque. Pierre Henry avait à coeur de démocratiser la musique d'avant garde. Il compose une partition où fusionnent sonorités électroniques et cloches, orgue, guitare, basse, et batterie rock. De la musique électroacoustique.

"La Messe pour le temps" contribuera de façon importante à l'éclatement des barrières entre musique expérimentale et populaire. La jeunesse du monde entier se trémousse sur le tube "Psyché Rock", en tête du hit parade pendant des mois. Alors si c'est toujours un plaisir de l'entendre, l'œuvre du compositeur ne se résume bien entendu pas à cette Messe, il y a beaucoup d'autres pièces à découvrir, d'un étonnant éclectisme, parce que Pierre Henry a été un inlassable chercheur, qui n'a jamais cessé d'écrire, comme en témoigne la pièce "Multiplicité", terminée juste avant sa disparition en juillet dernier, qui sera créée ce soir à la Philharmonie. Et je recommande aussi le livre d'entretiens de Pierre Henry avec Franck Mallet, "Le son, la nuit" qui a nourri cette chronique.

Une nuit, une vie, c'est l'hommage au compositeur qui aura lieu cette nuit, à partie de 19h, à la Philharmonie, et le livre d'entretiens avec Franck Mallet "Le son, la nuit", est disponible aux éditions de la Philharmonie de Paris.

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