Un cycle de concert programmé jusqu'au 29 mars.

Le Louvre et sa pyramide de verre la nuit à Paris
Le Louvre et sa pyramide de verre la nuit à Paris © Getty / @ Didier Marti

L'Auditorium du Louvre consacre jusqu'au 29 mars un cycle aux "Musiques de Nuit", en 12 concerts, allant de Charpentier jusqu'à Schönberg, en passant par Bach, Mozart ou Schumann...

Parce que l'obscurité aiguise nos sens, dit Laurent Muraro, le programmateur de l'Auditorium, et nous permet de mieux voir et entendre. Nombre de compositeurs ont été inspirés par la nuit, comme en témoignent les Sérénades, Nocturnes, Lieder, rêveries et Leçons de Ténèbres (glisser son 1 sous Pierre) au programme de ce cycle...

Les leçons de ténèbres, on écoute celles de Marc-Antoine Charpentier, était un genre musical liturgique très apprécié à l'époque Baroque. Composés des Lamentations de Jeremie pleurant la ruine de Jérusalem, les offices avaient lieu les mercredi, jeudi et vendredi de la semaine sainte. On éteignait peu à peu des cierges, l'obscurité symbolisant les ténèbres qui recouvrirent la terre à la mort du Christ...

Les Variations Goldberg de Bach seront aussi jouées.

Dans la transcription pour trio à cordes de Dimitri Sitkovetsky...

En quoi ces variations sont-elles liées à la nuit ?

La légende née sous la plume du premier biographe de Bach, Johann Nikolaus Forkel, raconte que les variations auraient été commandées à Bach par le Comte Von Keiserling pour adoucir ses longues nuits d'insomnies. Il se faisait bercer par l'interprétation du jeune claveciniste Johann Gottlieb Goldberg. Un thème, se métamorphosant et se prolongeant à l'infini des nuits durant...

Enfin, une autre oeuvre emblématique de la nuit figure au programme, de la nuit romantique cette fois, c'est "La Nuit transfigurée" d'Arnold Schönberg. 

Avec la "Nuit Transfigurée", le jeune Schönberg compose en 1899 un des derniers grands chefs d'œuvre ardemment romantique. Il s'inspire d'un poème de Richard Dehmel évoquant la promenade nocturne d'un homme et d'une femme dans la forêt. La femme déclare son amour à l'homme, tout en lui avouant porter l'enfant d'un autre...

"Que l'enfant que tu as conçu 

ne soit pas un poids pour ton âme, lui répond-il

Regarde le rayonnement de l'univers!

Tu le mettras au monde pour moi, de moi.

Il enlace ses hanches.

Leurs souffles se mêlent dans l'air.

Deux êtres traversent le coeur de la nuit lumineuse."

Alors l'idée de Laurent Muraro, le programmateur de l'Auditorium, est de créer un lien entre les collections du musée et les concerts. Donner des envies de peinture par la musique, ou inversement. Donc pour ce cycle, en miroir des oeuvres jouées, un parcours est proposé, d'une quinzaine de tableaux nocturnes, de l'aile Richelieu jusqu'à l'aile Denon en passant par la Grande Galerie, pour admirer le nouvel accrochage de peintures françaises, Nicolas Poussin, Claude Le Lorrain, Valentin de Boulogne, les sublimes clair obscur de Georges de La Tour, jusqu'aux Caravage, Léonard de Vinci et Bassano...

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