Le Collège des Bernardins à Paris, fête son anniversaire ce week end et le week end prochain en programmant une double intégrale de quatuors à cordes: ceux de Franz Schubert, et ceux de Philip Glass...

Quatuor à cordes: violons, alto et violoncelle
Quatuor à cordes: violons, alto et violoncelle © Getty / Yenwen

Schubert et Glass dont on célèbre d'ailleurs l'anniversaire le même jour, ils sont nés tous les deux un 31 janvier, 1797 pour Schubert, et 1937 pour Philip Glass, mais ce n'est sans doute pas la raison qui a motivé cette double intégrale.

On peut dire d'abord dire que les deux compositeurs se sont beaucoup intéressé au quatuor à cordes, Schubert en a écrit 15, et Glass 7, sans compter ceux pour la scène et le cinéma. Mais on peut également tisser des liens musicaux entre les deux compositeurs. Philip Glass a sérieusement étudié l'œuvre de Schubert, qu'il cite comme l'ayant grandement influencé.

Philip Glass est considéré comme un des pères du minimalisme.

Même s'il réfute plutôt ce terme. Il préfère parler de son oeuvre comme d'une musique aux structures répétitives, qui n'a selon lui rien de minimal. Une structure répétitive qu'on trouve aussi quelque part dans la musique de Schubert, qui transforme, réinvente et transfigure ses thèmes dont la beautévont droit au coeur...

Le Quatuor n°13, Quatuor "Rosamunde", est le premier des trois grands derniers quatuors de Schubert. Période où la Syphilis, dont il est atteint, le fait cruellement souffrir, période à laquelle une force créatrice inouïe s'empare de lui.

Dans l'Andante, qu'on écoute par le Quatuor Alban Berg, il reprend le thème envoûtant de sa musique de scène "Rosamunde", princesse de Chypre.

Philip Glass compose le quatuor n°2, le Quatuor "Company", pour l'adaptation à la scène de la nouvelle du même nom de Samuel Beckett, dont il aime passionnément l'œuvre. "J'ai aimé l'idée, dit-il, d'utiliser le médium du quatuor à cordes qui permettrait à la fois une qualité introspective et passionnée bien adaptée au texte".

Comment parler des Quatuors de Schubert sans évoquer le génial Quatuor n°14, "La Jeune fille et la Mort"?

Écrit la même année que le Quatuor "Rosamunde", c'est la part sombre, le désespoir de Schubert qui s'exprime ici.

Le thème inspire d’abord un lied à Schubert, qui nourrira 7 ans plus tard son quatuor. Dans ce dialogue, cette danse, ce combat inégal que mène la jeune fille contre la mort, Schubert va de la douceur la plus caressante, presque amoureuse, au lyrisme tragique le plus poignant.

La double intégrale des Quatuors à cordes de Franz Schubert et Philip Glass, deux compositeurs dont une commune mélancolie semble traverser les oeuvres, ce sera à découvrir par le Quatuor Manfred et plusieurs jeunes quatuors ce week end et le week end prochain au Collège des Bernardins à Paris.

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