Le Ballet Royal de la Nuit, le grand divertissement pour et par Louis XIV, le jeune Roi Soleil, est recrée en ce moment par Sébastien Daucé avec son ensemble Correspondances.

L'Opéra Royal du Château de Versailles.
L'Opéra Royal du Château de Versailles. © Getty / Bertrand Rindoff Petroff / Contributeur

Après le théâtre de Caen, ça se jouera la semaine prochaine, les 24 25 et 26 novembre à l'Opera Royal de Versailles, puis à l'Opera de Dijon les 2,3 et 5 décembre...

Cela fait plusieurs années maintenant, près de 5 ans, que le claveciniste et chef Sébastien Daucés'est plongé dans la récréation du Ballet Royal de la Nuit, après avoir découvert le récit de la Nuit, qui l'avait emballé. Un très beau livre disque était paru en 2015 chez Harmonia Mundi, et son rêve de voir cette nuit royale s'incarner en scène voit enfin le jour aujourd'hui...

Alors la création du Ballet Royal de la Nuit, le 23 février 1653 dans la grande salle du Petit Bourbon, au Palais du Louvre, a été un événement majeur du Grand Siècle.

L'ambition de cette nuit royale était autant esthétique, que musicale, que politique, parce que les arts, au XVII ème, étaient au coeur du pouvoir et de l'état.

Il s'agissait ici, de marquer la fin de la fronde, la nuit métaphoriquement, vaincue par l'aurore, la lumière, incarnée en scène par le jeune  Louis XIV d'à peine 15 ans. Assoir son pouvoir, et montrer son incontestable supériorité.

Pour ce faire, l'habile Cardinal Mazarin, ministre et parrain de Louis XIV, convoque les meilleurs artistes: Issac de Benserade pour le livret, Michel Lambert et Jean de Cambefort pour la musique, et l'ingénieur Giacomo Torelli pour ses époustouflantes machineries.

Le livret est construit autour de quatre veilles et d'un grand ballet final.

Nous commençons lorsque la Nuit descend sur la terre. Elle divertit l'assemblée en présentant les habitants du royaume qui défilent sous les yeux des spectateurs:

Bergers, Galands, Coquettes, mais aussi Bandits, Gueux et Filoux...

Puis les divertissements amoureux sur lesquels règne Venus prennent place pour la seconde veille. Elle chante les voluptés des Jeux et des Plaisirs, et les Trois Grâces dressent les louanges de leur jeune et charmante déesse ...

Dans la troisième veille, qui met en scène la Lune descendue du ciel, le jeune roi sera confronté aux deux visages de l'amour. Seront convoqués toutes sortes de personnages maléfiques pour une cérémonie de Sabbat, grand rite païen.

Reviendront peu à peu dans la dernière veille, placée sous la tutelle du Sommeil et du Silence, le calme, préparant les spectateurs au réveil.  

L'Aurore peut alors paraître, elle descend de son char pour marquer la fin de cette folle nuit. Et annonce une lumière si vive qu'elle en est elle-même éblouie. Un astre si éclatant qu'il fera pâlir tous les autres: "C'est le Soleil, c'est le jeune Louis."

Pour redonner vie au Ballet Royal de la Nuit, Sébastien Daucé a effectué un très important travail de recréation, puisque si le livret existe, fournissant l'argument, des indications scène, et des dessins, il ne restait de la partition qu'une copie, effectuée quarante plus tard par Philidor, de la partie de premier violon.

Sébastien Daucé a donc réécrit, en  s'inspirant de l'écriture à 5 parties "à la française", et en ajoutant deux oeuvres à la structure du spectacle.

L'Orfeo de Luigi Rossi, et L'Ercole amante de Cavalli.

Deux opéras italiens, qui se fondent à merveille dans ce somptueux Grand Ballet, donnant aussi à entendre l'osmose et la liberté qui régnait entre les Styles àl'Epoque.

Le Ballet Royal de la Nuit, par Sebastien Daucé, mis en scène et chorégraphié par Francesca Lattuada, se jouera les 24,25 et 26 novembre à l’Opera Royal de Versailles puis à l’Opera de Dijon les 2,3, et 5 décembre.

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