Le pianiste italien Filippo Gorini interprète les Variations Diabelli de Beethoven, un disque qui vient de paraître sur le label Alpha.

Ludwig van Beethoven (16 décembre 1770 - 26 mars 1827) compositeur et pianiste allemand. Portrait en 1818 par August Klober
Ludwig van Beethoven (16 décembre 1770 - 26 mars 1827) compositeur et pianiste allemand. Portrait en 1818 par August Klober © Getty / UniversalImagesGroup / Contributeur

Filippo Gorino, jeune italien de 22 ans, qui pour son premier disque, fait montre d'une certaine audace, puisqu'il s'attaque à un monument du répertoire pour piano, les Variations Diabelli, de Beethoven.

Anton Diabelli

Les 33 variations sur une valse de Diabelli Op.120,  dites Variations Diabelli, sont nées d'une commande de l'éditeur et compositeur Anton Diabelli à d'importants compositeurs Viennois, chacun devant écrire une variation sur la valse de son cru. Beethoven, apparemment rétif au départ à la proposition, s'attèle tout de même à la tâche, en en fixant ses propres règles. Il compose 23 variations courant 1819, puis délaisse les Diabelli avant de s’y replonger quatre ans plus tard, pour achever son grandiose cycle souvent comparé aux variations Goldberg de Bach.

Marche initiale

Pour Filippo Gorini, ce cycle d'une incroyable richesse, où chaque pièce surgit avec un caractère et une fonction propres au sein d'une architecture, peut se diviser en quatre grands arcs.

Le premier, je cite, est "d'un caractère brillant qui laisse peu de place à la pensée introvertie."

Une marche initiale, on l’entend, qui instaure la grandeur nécessaire pour commencer une oeuvre d'une telle envergure. 

Les variations évoluent ensuite lentement, devenant d'abord plus expressives, puis peu à peu plus animées et énergiques, avant la conclusion explosive de cet arc, la variation 10, un défilé virtuose d'accords staccato et d'octaves au-dessus de trémolos suspendus. 

Eclats d'énergie

Le deuxième arc, écrit Filippo Gorini, est très différent du premier. Il fait surgir des éclats d'énergie rapidement interrompus par des pièces plus lentes.

Certaines pièces sont légères, virtuoses, emplies d'une immense énergie, d’autres, comme la variation 18, sont pleine de tendresse, très expressives.

"Notte e giorno faticar"

Le 3ème arc, est selon notre jeune virtuose, le plus capricieux, avec d'habiles parodies. Beethoven cite en effet non sans humour le célèbre air de Leporello dans le Don Giovanni de Mozart, "Notte e giorno faticar"

Céleste conclusion

Après quelques accords suspendus, écrit Gorini, l'ultime variation déploie un thème de danse gracieux empli de voix d'anges. Nous sommes arrivés dans un monde d'esprit et de beauté.

Quand Alfred Brendel a entendu le jeune homme en concert dans ces variations, qu'il connaît bien, il les a lui même enregistrées, il lui a immédiatement proposé son soutien. 

Pas étonnant, tant Gorini donne à entendre toute la gamme des émotions humaines que contiennent les Diabelli. Ces variations, d'une grande difficulté technique, il les empoigne à bras le corps, avec une folle intrépidité. Son jeu, aussi spontané que réfléchi, est impressionnant de clarté, d'expressivité, et de sensibilité. 

Une nouvelle étoile à suivre.

Les Variations Diabelli de Beethoven par Filippo Gorini, un disque paru sur le label Alpha.

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