Opéra en deux actes, Le Compte Ory se joue en ce moment dans une nouvelle production à l'Opéra Comique puis à Versailles, dans une mise en scène de Denis Podalydès, dirigé par le chef Louis Langrée, avec des costumes signés Christian Lacroix.

L'opéra "Le Comte Ory" de Rossini Philippe Talbot (Comte Ory), Jean-Sébastien Bou (Raimbaud), Jodie Devos (Alice), chœur les éléments
L'opéra "Le Comte Ory" de Rossini Philippe Talbot (Comte Ory), Jean-Sébastien Bou (Raimbaud), Jodie Devos (Alice), chœur les éléments © Vincent Pontet/Théâtre de l'Opéra Comique

"Le Comte Ory" de Rossini se joue jusqu'au 31 décembre à l'Opera Comique à Paris, puis sera repris à l'Opera de Versailles en janvier. C'est une production mise en scène par Denis Podalydes, dirigée par Louis Langrée, les décors sont d'Eric Ruf, et les costumes de Christian Lacroix...

"Le Comte Ory", crée en 1828 à l'Opera de Paris, est l'avant-dernier opéra de Rossini, et son unique comédie en français. C'est dans "Le Voyage à Reims", ouvrage composé trois ans plus tôt pour célébrer le couronnement de Charles X, qu'il puise la moitié de sa musique. Étonnant a priori, tant les sujets des deux oeuvres différent: "Le Voyage à Reims" vante les vertus de la monarchie, tandis que "Le Comte Ory" prend pour héros un aventurier, prêt à tout pour parvenir à ses fins libertines.

Mais pour Rossini, je cite "l'expression de la musique ne consiste pas à peindre sur le vif les effets extérieurs des émotions de l'âme, mais plutôt à savoir les susciter chez qui l'écoute".

Epoque des croisades, à l'entour du château de Formoutier

Tandis que les châtelains sont partis pour la terre sainte, le Comte Ory, aidé par son fidèle ami Raimbaud, entreprend de conquérir une belle veuve, la Comtesse Adèle. Pour pouvoir l'approcher, les deux compères se travestissent en prêtres. La comtesse soufrant de langueur, espère trouver en lui une écoute guérisseuse.

Elle en vient à lui confier son amour pour le jeune page Isolier, s'exaltant peu à peu, jusqu'à se lâcher totalement dans de jubilatoires vocalises, qu'on écoute par Julie Fuchs, la fabuleuse comtesse de cette production, aussi canaille que raffinée, d'une aisance et d'une virtuosité sidérante.

A la fin de l'acte, Ory est démasqué par son gouverneur. Mais le Comte ne s'avoue pas vaincu si facilement, et c'est travesti en pèlerine qu'il redébarque avec sa troupe à l'acte II. 

L'orage grondant, il toque, sous les traits de sœur Colette, à la porte de la chambre de la Comtesse. Heureusement, Isolier avait averti sa belle. L'obscurité permet au page de prendre la place de sa bien aimée. Commence alors le trio de dupes, un des plus beaux passages de l'œuvre.

Un bruit de clairons interrompt soudain les transports du Comte... C'est le retour des croisés.

Isolier lève le voile sur son identité, et confond Ory. Le Comte, vaincu, accepte de fuir avec ses hommes. Et l'on célèbre le retour victorieux des guerriers.

Pour Denis Podalydes, Rossini, je cite, exalte et déchaîne la sensualité, les artifices, tout ce qui libère et qu'une société s'efforce de contenir, de réprimer. Les chanteurs sont les dépositaires de cette puissance subversive dont Rossini était sans doute inconscient. 

C'est peut être là qu'est la beauté de son oeuvre, dans l'incarnation joyeuse, légère, purement instrumentale et vocale, d'un gigantesque désir de liberté. 

Le Comte Ory de Rossini mis en scène par Denis Podalydes, dirigé par Louis Langrée avec notamment Julie Fuchs, Philippe Talbot, et Gaelle Arquez, c'est jusqu'au 31 décembre à l'Opéra Comique à Paris, puis les 12 et 14 janvier à l'Opéra Royal de Versailles.

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