Le pianiste international joue les œuvres pour piano de Sibelius (Sony Classical).

Le pianiste norvégien Leif Ove Andsnes à Cologne en Allemagne
Le pianiste norvégien Leif Ove Andsnes à Cologne en Allemagne © Getty / ullstein bild / Contributeur

De Sibelius, on connaît surtout le concerto pour violon et les symphonies, mais le piano à toujours été présent dans sa vie, même s'il a dit un jour : "le piano ne chante pas". Étonnante déclaration, sur laquelle Leif Ove Andsnes s'interroge: "Est-ce le cynisme du compositeur sur sa musique pour piano qui explique du coup que les véritables joyaux soient négliges ?" Il considère en tous cas comme "sa mission" de sortir de l'ombre cette musique. "J'y crois vraiment, martèle-t-il, et je veux la faire entendre."

Leif Ove Andsnes est un inconditionnel de Sibelius depuis des années. Il a épluché toutes les partitions pour piano, pour en extraire les plus belles pages des miniatures du compositeur. Si les oeuvres n'ont pas la dimension des plus grands romantiques allemands, c'est avec un plaisir certain qu'on les découvre. Dans le 5 ème Impromptu de l'Op.5, qui rappelle Liszt, c'est probablement des sonorités du kantele, un instrument national finlandais à cordes pincées , dont Sibelius s'inspire. Il baigne l'auditeur dans le folklore carélien, la version finlandaise du romantisme.

Le folklore est aussi présent dans Kylliki, une suite de trois pièces lyriques dont le titre est tiré du Kalevala, une épopée basée sur des poésies populaires de la mythologie. Kylliki est l'amante du séducteur Lemminkäinen. Après la réserve du début , vient la malicieuse connivence de la troisième pièce...

La Valse triste, une des pièces pour orchestre les plus populaires de Sibelius, est aussi au programme. Andsnes dit avoir essayé d'aider un peu sa transcription pour piano, qui n'était pas très pianistique. La beauté de son entêtante mélodie, teintée de douce mélancolie, est typique du style du compositeur...

Enfin, des 13 pièces de l'Op.76, Andsnes a choisi la 10 ème, Elegiaco. "C'est un morceau intéressant parce que, très simple d'apparence, il se transforme en quelque chose de surprenant et de merveilleux, explique Andsnes. Et ce type d'émotion est ce qui rend nombre de ces pièces si riches et captivantes." L'élégance d'Andsnes, la délicatesse de son toucher, et ses subtiles inflexions, donne toutes leurs lettres de noblesse à ces pages méconnues. Une douce plongée dans l'œuvre intimiste d'un des grands symphonistes du siècle dernier.

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