Un opéra mis en scène par Patrice Chéreau.

Leoš Janáček, compositeur
Leoš Janáček, compositeur © Getty / Hulton Archive / Intermittent

L’Opéra de Paris rend hommage au metteur en scène Patrice Chereau quatre ans après sa mort, avec au Palais Garnier une exposition ...

Une très belle exposition organisée avec la BNF,  intitulée "Mettre en scène l'Opera",

L’exposition retrace tout le parcours de Patrice Chereau à l'Opera, depuis "l'Italienne à Alger" de Rossini, c'était en 1969 au Festival des deux mondes à Spolete, en Italie, jusqu'à sa dernière production, Elektra de Strauss, chef d'œuvre absolu, créée quelques mois avant sa disparition, en 2013, au Festival d'Aix en Provence, en passant par Tristan et Isolde de Wagner, qu’on entend par Daniel Barenboim. Plus de 150 pièces sont réunies , de l'enfance de Chereau, où on sent l'influence essentielle de son père, peintre, qui a aguisé très tôt  son regard. "J'ai tout appris avec cet homme là, mon père, écrit -il. Il m'a appris à regarder la peinture, à l'aimer, il m'a appris qu'il fallait travailler tous les jours, sans attendre ni espoir ni résultat." On voit les maquettes de Richard Peduzzi, son scénographe et compagnon de la première à la dernière heure.  Des lettres, d'insultes certaines, après les premières représentations en 76 de sa tétralogie de Wagner avec le chef  Pierre Boulez au Festival de Bayreuth, jusqu'à l'enthousiasme survolté de la dernière année, avec plus d'1h d'applaudissements en 80 pour son ring devenu mythique. C'est donc tout ce parcours, et la particularité du processus de création de Chereau, son rapport aux chefs, aux chanteurs, aussi, qui était aussi intellectuel que sensuel, qu'on peut découvrir, et c'est aussi éclairant qu'émouvant.

Et parmi les onze opéras que Patrice Chereau a mis en scène, il y a "De la Maison des Morts" de Leos Janacek, qui se joue en ce moment et jusqu'au 2 décembre à l'autre maison de l'Opera de Paris, l'Opera Bastille...

Une production créée en 2007 au Wiener Festwochen sous la direction de Pierre Boulez, reprise aujourd'hui sous la direction d'Esa-Pekka Salonen...

Pour le livret de son opera, Janacek assemble des extraits des "Carnets de la maison des morts" de l'écrivain Fedor Dostoïevski, carnets écrits après ses quatre années passées au bagne. "J'ai été bouleversé jusque dans mon sang" après la lecture de ces carnets, dira Janacek. L'action se déroule dans un bagne, en Sibérie occidentale. On y découvre plusieurs prisonniers, notamment le noble Goriantchikov, condamné pour activisme politique, le jeune et doux Alieïa, le violent Louka, le vagabond Chapkine ou encore le délirant Skouratov. Ils raconteront  ce qui les a menés au bagne, le dernier récit étant celui, tragique, de Chichkov.

C'est une mise en scène âpre, brutale, mais aussi charnelle et surtout d'une grande humanité que nous donne à voir Patrice Chereau. On sent un profond amour pour chacun des personnages, qu'il rend infiniment touchants. Il y a de la vie en scène, partout, à chaque instant. Un souffle lyrique aussi, grâce à la grandiose direction d'Esa-Pekka Salonen , qui dirige l'œuvre avec une clarté, une sensualité, une noblesse et une chaleur éblouissantes.  1h30 en apesanteur.

L’exposition « Mettre en scène l’opera » aura lieu jusqu’au 3 mars au Palais Garnier  et l’Opera « La Maison des Morts » de Janacek se jouera jusqu’au 2 décembre à l’opera bastille.

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