Le pianiste brésilien Nelson Freire fait paraître chez Decca un disque consacré aux oeuvres pour piano de Brahms, un compositeur important dans sa vie de musicien...

Dix ans après les mémorables concertos de Brahms enregistrés sous la baguette de Riccardo Chailly, Nelson Freire revient au compositeur romantique allemand pour son nouvel album. Un parcours qui couvre quatre décennies d'écriture, depuis la monumentale Sonate n°3 en Fa min Op.5 jusqu'aux dernières pièces pour piano, les Klavierstucke Op.119, écrits à l'automne de sa vie. Le programme s'ouvre par la Sonate Op.5, Sonate avec laquelle Freire a fait ses fracassants débuts au disque en 1967. Un demi siècle plus tard, il en livre une version tout aussi flamboyante, plus contrastée encore.

Dans cette Sonate, Freire fait montre d'une vitalité fiévreuse. Il respire large et grand. Le jeu est souple, engagé, plein d'imagination, toujours chantant. Au tempêtueux Allegro répond un Andante aux couleurs tendres, au virevoltant Scherzo un intermezzo sans fard, avant le virtuose finale dans lequel le pianiste félin lâche les chevaux...

Quand Brahms compose l'Op.76, en 1878, il n'a pas écrit pour le piano depuis 15 ans. C'est à ce moment là qu'il s'affranchit d'un certain classicisme, pour aller vers des formes plus libres. Ces pièces préfigurent aussi les oeuvres intimistes à venir, l'Op.117,118 et 119, dans lesquelles le toucher de velours de Nelson Freire fait merveille...

La finesse avec laquelle il aborde chacune de ces miniatures, la subtilité de son rubato et sa malice, parce qu’il est joueur Nelson Freire, confèrent à ces pages une fraîcheur lumineuse.

Puis c'est avec une valse lente, la Valse en La b Maj Op.39 n°15, qu'il clôt son programme. Comme une ultime friandise, nous tirant, avec une classe folle, sa révérence.

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