Ce nouvel espace situé au cœur de la Philharmonie de Paris, entièrement consacré aux enfants de 4 à 10 ans, ouvrira ses portes mercredi prochain, le 29 septembre.

Forêt des sons - Ecouter les matieres
Forêt des sons - Ecouter les matieres © William Beaucardet

C'est guidé par Mathilde Michel-Lambert, la directrice de la Philharmonie des enfants, que j'ai découvert cet antre niché au premier étage du bâtiment de Jean Nouvel, qui est un lieu vacant jusqu'à présent. Un espace de 1 000 mètres carré qui a été pensé de façon très originale et inattendue. J'ai été assez surprise de dire parce que plutôt qu'un lieu pédagogique où on expliquerait, on montrerait aux enfants ce qu'est un orchestre, un piano, où on les initierait à la musique classique, etc. L'idée, comme le dit Laurent Bayle, le directeur de la Philharmonie, et de leur offrir un terrain de jeu qui soit source d'émerveillement pour les sens

La Philharmonie des enfants est une sorte de parcours initiatique, explique Mathilde Michel-Lambert, qui propose à l'enfant l'aventure des sons et de la musique avec une approche qui leur permet d'appréhender librement la musique sans discours d'autorité et de pouvoir librement jouer, explorer, écouter, vivre et sentir la musique. Tous les sens sont en effet mis en éveil. Et comme il y a quelque chose de très ouvert, l'imaginaire peut se déployer de façon aussi collective qu'intime en déambulant en toute indépendance dans les différents espaces proposés. 

Comment s'organise ce parcours ?

Alors on entre dans la Philharmonie des enfants par un couloir assez sinueux où sont disposés sur les murs des tentacules de ouate. C'est par l'expérience du son absorbé que l'aventure commence. Puis, on se retrouve sous une sorte de cloche au matériau qui vibre : silence, puis vacarme. Et on arrive à la grande place où l'on choisit, parmi les différents univers thématiques proposés, celui dans lequel on souhaite entrer pour commencer. On est là dans l'univers en scène, avec l'installation "Maestra Maestro!", où l'enfant dirige au choix des extraits de la "Symphonie fantastique" de Berlioz ou de "Casse-Noisette" de Tchaïkovski. 

L'Orchestre de Paris a enregistré huit différentes versions des extraits et réagit aux gestes de l'enfant : on va du piano au forté, d'un tempo lent, à un tempo plus enlevé selon ses mouvements. C'est très fantasmagorique, par exemple dans l'univers "Machine sonore", point de violon, de trompette ou de flûte. Les enfants manipulent des instruments imaginaires comme des créatures-sculptures où il faut, selon la famille de l'instrument, souffler, frapper, frotter ou pincer. 

Et tous les styles ont leur place !

Absolument dans "Par ici, les musiques", l'installation "A chacun son style" propose d'écouter des tubes comme "La lettre à Élise" dans différents styles. On peux écouter les versions baroque ou la version metal ou la version salsa. Alors on sent une farouche volonté de ne pas se concentrer sur la musique classique occidentale, mais d'embrasser tous les genres du monde entier. 

Et dans l'univers des voix oubliées, il y a une très jolie installation ethno-musicologique intitulée "Voix, d'où viens tu ?". C'est une immense mappemonde où l'enfant peut découvrir des chants d'absolument partout. Par exemple, un chant de séduction sénégalais où nous racontons, à la fin de la saison des récoltes, les jeunes gens se retrouvent sur la place du village et chantent pour se séduire, se comparant à des antilopes mâles ou femelles qui rivalisent de beauté. 

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