Pour suivre CO2 mon amour sur ou réagir à l'émission : | @cheissoux

Jean-Marie Pelt et Denis Cheissoux
Jean-Marie Pelt et Denis Cheissoux © Radio France

Il n’ y a pas que les dauphins, les baleines qui s’échouent sur les plages. Y'a un bout de notre humanité aussi. Un bout, pas toute. Parce qu’une partie de la civilisation a été balayée par la guerre et le fric.

Pour fabriquer un terreau de misère, la recette est bien connue : prenez de la pauvreté et de l’inculture, et puis faites la guerre, sans oublier qu’il s’agit d’une des plus grosses industries mondiales avec ou sans Mistral gagnant

Et puis quand il n’y a plus de puits, quand on implore la pluie, il y a les terres craquelées de soif, aussi pauvres que les gens et leurs vies?

Entre 2006 et 2011, la Syrie fût accablée de chaleur. Les populations rurales gagnèrent les villes créant un fort déséquilibre, dictature, forces islamistes à l’affût, le boulot commencé par le grand visionnaire que fût George Bush et puis la guerre.... et au bout du voyage un enfant qui sera né pour mourir, un enfant bercé par sa mère et son père, un petit « dormeur du mal » comme le disait joliment ce matin l’ami Frédéric Pommier dans sa revue de presse,

un enfant bercé par la guerre, bercé par les vagues, bercé par l’amer.

Et pourquoi cet enfant ? et pas les milliers d’autres déjà morts anonymement ...Bien sûr parce qu’il était sur la photo.

Parce que la mort d’un enfant, c’est le tabou ultime, d’un enfant sur une plage, au lieu d’être comme tous ceux de son âge, le roi de son château de sable. Et ainsi le théâtre médiatique peut rouleau compresser .

Perdons nous notre humanité ? Non, si la mort de cet enfant ne se perd pas dans le temps comme nos indignations, nos révoltes ? On aimerait qu’il soit le dernier à porter l’abjection de nos va t’en guerre.

Des morts kilomètres en Afrique, en Syrie, société de l’émotion oui mais sélective. « Donnez nous notre dose de rire, et notre dose de barbarie quotidienne » :"de la trash ou de l’ordinaire ? » « De l’ordinaire, ça ira, c’est juste pour m’endormir ».

Tenez cette année Il y a une nouveauté dans les programmes de l’Education nationale ; ça se nomme EMC. On a l’impression que c’est un acronyme de maladie ... pas du tout ! Cela signifie « Enseignement moral et civique » du CP à la terminale et il y a une case : « Développer la conscience sociale et écologique ».

Faudrait juste que cela ne se résume pas à une heure par an dans les programmes quand tout le reste a été fait. Mais c’est encourageant.

Non, le courage ne se perd pas. Les passions peuvent diminuer mais pas les élans des jeunes. Il y a de la belle relève, de belles moissons d’humanité à venir en ayant le goût des autres.

Faut garder cela en soi, comme un mantra/, comme une douce foi, contre ce qui n’a plus de loi.

Même si notre humanité est émoussée, ne pas se résigner à être les témoins de notre pire face.

Mais bien comprendre les sources de cet enfant des vagues.

Denis Cheissoux , 5 septembre 2015.

Reportage au grand air :

  • Dans le jardin lorrain de Jean-Marie Pelt, au milieu des mirabelles.

Les actualités de Frédéric Denhez :

  • Eleveur, un métier d'avenir ?
  • Climat aux US
  • Refus de l'écotaxe régionale
  • La Russie agrandit son territoire
  • Faune sauvage en Afrique et érosion de la biodiversité.
Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.