Banalisation des pratiques de contention et d’isolement, augmentation constante des soins sans consentement, restrictions des libertés des patients, la dérive sécuritaire que traverse la psychiatrie française atteste de la crise sans précédent qui frappe l’institution.

Manifestation du 22 janvier 2019, pour un "Printemps de la Psychiatrie".
Manifestation du 22 janvier 2019, pour un "Printemps de la Psychiatrie". © Radio France / Charlotte Perry

Après les mobilisations de ces derniers mois dans les hôpitaux psychiatriques partout en France, mardi 22 janvier, malgré le froid et la neige, familles, patients et soignants étaient rassemblés pour le « Printemps de la psychiatrie », un appel à œuvrer pour une prise en charge plus digne et plus humaine. 

"Pinel en lutte", manifestation du 22 janvier 2019, Paris.
"Pinel en lutte", manifestation du 22 janvier 2019, Paris. © Radio France / Charlotte Perry

Selon le Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté (CGLPL), la France est l’un des pays Européen qui enferme le plus pour soigner les troubles psychiatriques, et c’est une véritable « culture de l’enfermement » qui s’est développée dans notre pays. Mais près de la moitié des lits ont été fermés en psychiatrie ces 30 dernières années, sans que les moyens soient transférés vers des structures alternatives. Le diplôme d’infirmier psychiatrique a été supprimé, les psychiatres désertent les hôpitaux publiques, et le manque de moyens humains et financier est criant. Tout cela aboutit au recours de plus en plus fréquent, et sans justifications thérapeutiques, à des pratiques de contention et d’isolement. A deux reprises ces dernières années le CGLPL a émis des recommandations en urgences, une mesure extrêmement rare, pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur des situations attentatoires à la dignité humaine.

Manifestation du 22 janvier 2019, pour un "Printemps de la Psychiatrie", Paris.
Manifestation du 22 janvier 2019, pour un "Printemps de la Psychiatrie", Paris. © Radio France / Charlotte Perry

C’est dans les années 2000, que ce virage sécuritaire a été amorcé, avec le discours de Nicolas Sarkozy à Antony en 2008 qui marque un tournant idéologique dans la prise en charge des patients psychiatriques. Ce dont témoigne la loi du 5/07/2011 qui impose aux patients un programme de soins sans consentement même hors des murs de l’hôpital. Une loi que nombre de psychiatres dénonçaient comme une manière de surveiller et de contrôler la population.

Manifestation du 22 janvier 2019, pour un "Printemps de la Psychiatrie", Paris.
Manifestation du 22 janvier 2019, pour un "Printemps de la Psychiatrie", Paris. © Radio France / Charlotte Perry

Rencontre avec Michel, représentant de l’UNAFAM en Rhône Alpes, dont la fille est restée 17 mois placée en isolement ; Pascale, sous le coup d’un programme de soins sans consentement ;  Adeline Hazan, Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté ; et les soignants mobilisés pour le Printemps de la psychiatrie.

Un reportage de Charlotte Perry.

Les liens 

Isolement et contention dans les établissements de santé mentale, Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (éditions Dalloz) 

Programmation musicale 

"La menuiserie" Stupeflip (third macket inédit) 

"Un peu bizarre" Clarika 

"Folie" Brigitte Fontaine 

Et en Focus : 

Une autre psychiatrie est possible !

  • Où il est question de soigner l’Hôpital avec Mathieu Bellahsen et André Robillard
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