L’histoire de H., physicien Franco-Algérien, assigné à résidence sans que rien ne lui soit reproché et jeudi 17 novembre, à la manifestation pour l'éducation prioritaire au lycée

A.R pour la demande de renoncement à la nationalité d'Adlène Hicheur
A.R pour la demande de renoncement à la nationalité d'Adlène Hicheur © Radio France / Adlène Hicheur

L’histoire de H.

C’est une histoire incroyable. Une histoire digne d’un roman de Kafka ou d’Orwell. L’histoire du professeur Adlène Hicheur, physicien franco-algérien de haut niveau, condamné en 2012 à 4 ans de prison ferme pour avoir été suspecté de planifier des attentats terroristes sur la base de simples propos tenus sur le net. Des propos tendancieux, certes, mais qui ne sont que des propos, et pour lesquels Adlène Hicheur aura fait deux ans et demi de détention provisoire entre 2009 et 2012. Il faut dire que son procès a été très médiatisé, et qu’il s’est déroulé en pleine affaire Mérah. Les autorités devaient afficher de la fermeté, montrer que si des attentats ont lieu, d’autres sont déjoués. Un bouc émissaire donc sur l’autel de la lutte anti-terroriste.

Sa peine purgée, le professeur Hicheur part refaire sa vie loin d’ici, au Brésil, où il enseigne et contribue à des projets de recherches à l’Université Fédérale de Rio De Janeiro. Mais le pays plonge dans l’instabilité politique, et voilà son affaire à nouveau propulsée à la une des médias brésiliens. Expulsé du Brésil en juillet dernier, Adlène Hicheur est envoyé en France contre son gré, lui qui s’était juré de ne plus jamais y remettre les pieds. Assigné à résidence à Vienne, au domicile de ses parents, sans qu’aucun élément, en dehors de son ancienne condamnation, ne le justifie. Et l’histoire touche au paroxysme de l’absurde quand, à l’audience du Conseil d’Etat devant lequel il conteste son assignation, le ministère de l’intérieur refuse de le laisser quitter la France car il pourrait à tout moment y revenir. Le voilà donc coincé ici, assigné à résidence dans un pays où il ne voulait plus jamais retourner, avec comme seule issue pour sortir de ce guêpier, la déchéance ou le renoncement à la nationalité, qu’il vient de demander.

Une histoire incroyable, une fable contemporaine, celle d’un homme devenu un pion sur l’échiquier de la lutte mondiale contre la terreur.

Un reportage de Charlotte Perry

Les liens :

Adlène Hicheur, coincé en France entre Kafka et Orwell, sur Mediapart

Edito en soutien à Adlène Hicheur dans la Revue Nature

Un article de The Wire sur Adlène Hicheur

Le Comité international de soutien à Adlène Hicheur sur Facebook (CISAH)

Programmation musicale :

La Canaille, "Arrêtez ce train"

Avec des extraits du "Procès" d'Orson Welles

Education Prioritaire, donner plus à ceux qui ont le moins

Touche pas ma Zep à la manifestation du jeudi 17 novembre à Paris
Touche pas ma Zep à la manifestation du jeudi 17 novembre à Paris © Radio France / Antoine Chao

Compte-rendu de la journée de mobilisation du 17 novembre, à Paris, pour sauver l'éducation prioritaire au lycée : les établissements du Collectif "Touche pas ma ZEP" ont battu le pavé, réclamant la publication d'une carte élargie de l'éducation prioritaire en lycée et des moyens pérennes, contre le projet du Ministère qui prévoit de supprimer les dispositifs d'Education prioritaire après le collège. Le rapport du CNESCO, le conseil national d'évaluation du système scolaire, dénonçait pourtant le 26 septembre dernier la progression, ces dernières années, des inégalités scolaires en France, et la dégradation du niveau des élèves issus de milieux populaires. Un mouvement de contestation désormais nationale, qui s'étend de Paris à Marseille.

Un reportage d'Antoine Chao

Lors de la manifestation du 17 novembre
Lors de la manifestation du 17 novembre © Radio France / Antoine Chao
Lors de la manifestation du 17 novembre
Lors de la manifestation du 17 novembre © Radio France / Antoine Chao

Les liens

Le Facebook de Touche pas ma ZEP

La Tribune publiée sur Le Monde

Un extrait de l'émission :

Programmation musicale :

L'1consolable, "La différence s'entend"

Et ce soir, en bon plan :

Le Festival Africolor au Tamanoir à Genevilliers

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