Svetlana ALEXIEVITCH

Svetlana Alexievitch
Svetlana Alexievitch © Radio France

Eléments de parcours

Svetlana Alexievitch est née en 1948 en Ukraine. Elle a fait des études de journalisme en Biélorussie, où ses parents étaient instituteurs. Sa première publication, La guerre n’a pas un visage de femme , en 1985, sur la Seconde Guerre mondiale, dénoncée comme “antipatriotique, naturaliste, dégradante” mais soutenue par Gorbatchev est un best-seller. Chaque nouveau livre est un événement et un scandale : Les Cercueils de zinc , en 1989, sur la guerre d’Afghanistan, qui la fait connaître en France et sera adapté pour le théâtre par Didier-Georges Gabily ; Ensorcelés par la mort , en 1993, sur les suicides qui ont suivi la chute de l’urss ; et La Supplication , en 1997, sur Tchernobyl. Elle vit de nouveau à Minsk, après un long séjour à Berlin. Son ouvrage La Fin de l’homme rouge. Le temps du désenchantement (Actes Sud, 2013), sur la fin de l’urss et ce qui a suivi, a été classé meilleur livre de l’année 2013 par le magazine Lire et a reçu le prix Médicis Essai. Svetlana Alexievitch reçoit le prix Nobel de littérature en 2015.

Oeuvres , Svetlana Alexievitch, Actes sud, octobre 2015

Thésaurus contenant :__ La guerre n'a pas un visage de femme - Derniers témoins - La Supplication

Oeuvres  de Svetlana Alexievitch
Oeuvres de Svetlana Alexievitch © actes sud

Au sommaire de ce thesaurus consacré à l’auteur de La Fin de l’homme rouge (Prix Médicis Essai – 2013), trois stupéfiants « romans de voix » qui mêlent les témoignages les plus terribles et les plus intimes de deux tragédies du siècle soviétique : la Seconde Guerre mondiale, racontée du point de vue des femmes qui l’ont vécue (La guerre n’a pas un visage de femme) et de ceux qui n’étaient à l’époque que des enfants (Derniers témoins) , et la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (La Supplication) . Précédé d’un entretien de l’auteur avec Michel Eltchaninoff (Dans la tête de Vladimir Poutine , Actes Sud, 2015)

La fin de l'homme rouge,Svetlana Alexievitch, Actes Sud, 2013

La fin de l'homme rouge
La fin de l'homme rouge © actes sud

Armée d’un magnétophone et d’un stylo, Svetlana Alexievitch, avec une acuité, une attention et une fidélité uniques, s’acharne à garder vivante la mémoire de cette tragédie qu’a été l’urss, à raconter la petite histoire d’une grande utopie. “Le communisme avait un projet insensé : transformer l’homme «ancien», le vieil Adam. Et cela a marché… En soixantedix ans et quelques, on a créé dans le laboratoire du marxisme-léninisme un type d’homme particulier, l’Homo sovieticus .” C’est lui qu’elle a étudié depuis son premier livre, publié en 1985, cet homme rouge condamné à disparaître avec l’implosion de l’Union soviétique qui ne fut suivie d’aucun procès de Nuremberg malgré les millions de morts du régime. Dans ce magnifique requiem, l’auteur de La Supplication réinvente une forme littéraire polyphonique singulière, qui fait résonner les voix de centaines de témoins brisés. Des humiliés et des offensés, des gens bien, d’autres moins bien, des mères déportées avec leurs enfants, des staliniens impénitents malgré le Goulag, des enthousiastes de la perestroïka ahuris devant le capitalisme triomphant et, aujourd’hui, des citoyens résistant à l’instauration de nouvelles dictatures… Sa méthode : “Je pose des questions non sur le socialisme, mais sur l’amour, la jalousie, l’enfance, la vieillesse. Sur la musique, les danses, les coupes de cheveux. Sur les milliers de détails d’une vie qui a disparu. C’est la seule façon d’insérer la catastrophe dans un cadre familier et d’essayer de raconter quelque chose. De deviner quelque chose... L’histoire ne s’intéresse qu’aux faits, les émotions, elles, restent toujours en marge. Ce n’est pas l’usage de les laisser entrer dans l’histoire. Moi, je regarde le monde avec les yeux d’une littéraire et non d’une historienne.” À la fin subsiste cette interrogation lancinante : pourquoi un tel malheur ? Le malheur russe ? Impossible de se départir de cette impression que ce pays a été “l’enfer d’une autre planète”.

Au cours de l'émission vous avez pu entendre

  • Un extrait de la cérémonie de remise du Prix Nobel, Décembre 2015
  • Un extrait de la BOF Wadjda d’Haifaa Al Mansour – label Milan
  • Le CHŒUR DE L’ARMEE ROUGE "Varchavianka"
  • Un extrait de la BOF Testament of Youth de James Kent – label Milan: Max Richter « Vergissmeinnicht»
  • Un extrait du feuilleton « La fin de l’homme rouge » diffusé sur France Culture le 10 février 2014 – choix de textes : Jean-Pierre Thibaudat – réalisation : Laure Egoroff – Conseillère littéraire : Emmanuelle Chevrière
  • Les PUSSY RIOT: Putin will teach you to love the Motherland (cliquer sur le lien actif pour la traduction des paroles)

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