Ce dimanche Cosmopolitaine vous emmène sur les pas de la romancière Karen Blixen, femme libre et aventurière, ressuscitée par la plume de Dominique de Saint-Pern.

Avec nous également le réalisateur franco algérien Merzak Allouache nous embarque sur les toits d’Alger pour une exploration fictionnelle et poétique des fractures de la société algérienne. Les terrasses sort en salle le 6 mai.

studio 511 france inter Cosmopolitaine
studio 511 france inter Cosmopolitaine ©

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Dominique de Saint Pern est journaliste et collabore à M Le magazine du Monde . Elle est l’auteur de L’Extravagante Dorothy Parker (1994), Les Amants du soleil noir (2005) et Pour l’amour d’un guerrier (2007).

Dominique de saint Pern
Dominique de saint Pern © / Fanny Leroy 2015
  • Baronne Blixen , Dominique de Saint-Pern, Stock, 2015
baronne blixen
baronne blixen © Radio France / DR

Karen Blixen, roman. La baronne a eu en effet la vie la plus romanesque qui puisse être. On serait tenté de dire : les vies. Chasseresse africaine au Kenya, hôtesse mondaine dans sa demeure maritime de Rungstedlund au Danemark, conteuse au profil acéré d’oiseau de proie, amoureuse et amante, de Denys Finch Hatton à sa dernière passion nordique, Thorkild BjØrnvig, un poète de trente ans son cadet ! Écrivain et démiurge, mondialement célébrée et lue.

Comment chanter sa singularité, sa liberté, son souverain mépris des codes et des convenances ? Dans ce roman vrai, de l’Afrique au Danemark, de New York à Londres, c’est toute une folle époque qui revit ici en couleurs et en cinémascope : Dominique de Saint Pern ressuscite la femme courageuse et la diablesse, mais aussi l’âme de cet âge d’or où l’on savait aimer, écrire et mourir en beauté.

Envoutante, magnétique, intelligente, Karen Blixen a vécu sa vie comme il convient aux personnes extralucides : en laissant transpercer son corps par chaque atome de chagrin et de bonheur qui s’est présenté à elle. Elle a embrassé la magnificence de l’Afrique, sa chaleur, sa dangerosité, son abondance et ses paradoxes (…) Dominique de Saint-Pern nous raconte l’auteure avec érudition et tendresse, se glissant dans la peau de Clara Svendsen, qui fut durant 25 ans la secrétaire particulière de la baronne et son exécutrice testamentaire.

Marie-Madeleine Rigopoulos

Merzak Allouache

Merzak allouache en tournage sur les terrasses
Merzak allouache en tournage sur les terrasses ©

Né le 6 octobre 1944 à Alger (à l'époque sous administration française) Merzak Allouache, entame en 1964 des études cinématographiques à l’Institut National du Cinéma d’Alger qu’il complète par des stages à L’Idhec et à l’Ortf. Il réalise ensuite des documentaires et des émissions humoristiques pour la TV algérienne puis plusieurs long métrages de fiction, dont Omar Gatlato présenté à la Semaine de la Critique en 1977, Bab el Oued city (94) , et Salut Cousin (96) tous deux sélectionnés pour Un certain Regard. Après un documentaire pour ArteVie et mort de journalistes algériens et plusieurs téléfilms, il revient au cinéma en 2001 avec L’autre Monde puis Chouchou (2002), et Bab el web (2004). En 2010, il change de registre en réalisant le drame Harragas (les bruleurs en arabe en référence aux migrants illégaux qui brûlent leurs papiers d’identité), et Normal (2012) sur les débuts des Printemps arabes. Enfin en 2013, il aborde avec Le repenti, le cas des islamistes réinsérés dans la société cité civile algérienne.

  • Les terrasses, de Merzak Allouache, en salle le 6 mai 2015
Les terrasses
Les terrasses © m. Allouache

On me reproche de ne montrer que les vilaines choses, de ne pas voir la beauté. Alors que moi, j’ai l’impression que derrière les histoires, mêmes très sombres, que je raconte, il y a quand même quelque chose de beau, c’est ce pays »

Merzak Allouache __

Les terrasses affiche
Les terrasses affiche ©

Synopsis :

Cinq terrasses, toutes situées dans différents quartiers d'Alger (Casbah, Bab El Oued, Notre Dame d'Afrique, Centre ville et Belcourt) Un homme est torturé pour l'obliger à signer un contrat. Une femme perturbée partage les lieux avec un garçon drogué. Un homme est gardé prisonnier en cage. Une musicienne s'exerce. Un boxeur s'entraîne..

De l’aube à la nuit au rythme des appels à la prière. Une foule étonnante grouille et s’agite sur les terrasses d’Alger. Des espaces clos, devenus miroirs à ciel ouvert des contradictions, de la violence, de l’intolérance, des conflits sans fin qui minent la société Algérienne.

Non, la société algérienne n'est pas zen, elle est fracturée, malmenée... à l'image de ces terrasses de béton fatigué qui suintent la misère, entre tôles ondulées, fils barbelés, antenne râteaux et paraboliquesunique accès à un ailleurs si lointain et si virtuel qu'il en devient évidemment meilleur le constat est raide...

Merzak Allouache fait dire à l'un de ses personnages : "On voulait changer le pays, c'est lui qui nous a changé"

Laurent Bourdon

  • Les terrasses, La bande annonce

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