En juin 2010, Paula Jacques recevait avec Pascale Roze le grand romancier hongrois et prix Nobel de littérature Imre Kertesz, alors âgé de plus de 8o ans. Il s'est éteint à la fin du mois de mars de cette année. Nous avons décidé de lui rendre hommage en rediffusant cette rencontre mémorable. L'occasion de revisiter son œuvre, éditée en France par Actes Sud et qui s’emploie toute entière à dresser la fragilité de l’individu contre l’arbitraire barbarie de l’histoire.

Imre Kertész

On ne peut écrire des choses mornes et terribles sur un ton morne… Il est très important à mes yeux que cela reste de la littérature, la littérature, c’est le jeu… Je m’efforce de décrire un monde insupportable et terrible de façon telle que le lecteur le supporte et ne se laisse pas envahir par ce monde.

Imre Kertesz
Imre Kertesz ©

Eléments de parcours

Imre Kertész est né le 9 novembre 1929 à Budapest, dans une famille juive. En 1944, à l'âge de quinze ans, il est déporté à Auschwitz-Birkenau, puis transféré à Buchenwald, d'où il sera libéré en 1945. Après la guerre, il retourne vivre en Hongrie et découvre que toute sa famille a été exterminée. Il exerce le métier de journaliste à Budapest, mais il est licencié en 1951, lorsque le journal pour lequel il travaille est proclamé organe du parti communiste. A 25 ans, il découvre L'étranger de Camus et décide de devenir écrivain. Dès 1953, il se consacre ainsi à l'écriture, mais aussi à la traduction d'auteurs de langue allemande, tels que Nietzsche, Hofmannsthal, Schnitzler, Wittgenstein, ou encore Canetti. L'écrivain hongrois publie - dans l'indifférence générale - son premier roman en 1975, qu'il a commencé à écrire en 1963 (Etre sans destin , Actes Sud, 1997). Pendant quarante ans, il vit avec sa femme dans un studio minuscule, en marge de la société hongroise. Il gagne sa vie en écrivant des comédies musicales, des pièces de boulevard et des traductions. Considérant qu'il est impossible de décrire Auschwitz, il réfléchit aux conséquences éthiques et humaines de cette période de sa vie passée dans les camps. "Je hais la peinture des horreurs. Ce qui m'intéresse, c'est la distance", explique-t-il. Refusant tout nationalisme, il se décrit comme un juif européen, et vit aujourd'hui avec sa femme entre Berlin et Budapest. Lauréat du prix Nobel de littérature 2002, Imre Kertész est l'auteur d'une œuvre incontournable sur l'Holocauste, publiée en France chez Actes Sud. En avril 2015, Imre Kertész est promu au grade de commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres par la ministre de la Culture, Fleur Pellerin. La même année est paru chez Actes Sud son ouvrage inclassable, L'Ultime auberge.

Au cours de l'émission vous pourrez entendre un bref extrait du film de Roberto BenigniLa vie est belle (2007)

Roberto Benigni dans La vie est belle
Roberto Benigni dans La vie est belle ©

On m'a demandé d'écrire à propos de ce film qui dérangeait... Au départ j'étais réticent à le voir et une fois commencé, j'ai été subjugué... Imre Kertesz __

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