Cosmopolitaine tend le micro au réalisateur tchèque Petr Vaclav auteur du vibrant Zaneta, l'histoire d'une jeune femme rom aspirant à un destin insensé pour tout Gitan : mener une vie ordinaire...

Marie-Madeleine Rigopoulos a rencontré le romancier américain Michael Cunningham de passage à Paris, il nous parle de son nouveau roman Snow queen paru en mars chez Belfond.

Petr Vaclav

Petr a été formé à l’Académie du cinéma de Prague puis à la Femis à Paris. Il s'intéresse à la question Rom depuis près de 20 ans.

Ses films ne ressemblent à aucun autre. Plutôt que d’opter pour une vision documentaire, le réalisateur plonge délibérément dans son sujet, travaillant des faits réels, faisant tourner des acteurs non professionnels, négociant tout au long du tournage avec leur vérité. Il s’agit pourtant d’un film de fiction , Petr a certainement des convictions, mais s’il fait du cinéma, c’est d’abord par amour du cinéma, pas par militantisme. Zaneta , comme Marian [film réalisé il y a 20 ans] , sont nés de la fascination exercée dans la Tchécoslovaquie socialiste par les «Noirs» sur un petit garçon «blanc» , sur l’impression ineffaçable d’étrangeté, d’arrogance et de liberté qu’ils lui ont laissé, et sur la violence du sort qui leur était réservé. Si la trace est devenue plus tard un questionnement politique, amical et inquiet, c’est toujours elle qui cherche à s’incarner et qui nourrit le film.. .

Marie Desplechin

J’ai rencontré le premier rôle masculin lors des repérages que je faisais pour écrire le film. Une fois la production mise en place, nous avons effectué, mes producteurs et moi-même, un casting sauvage qui a duré sept mois et m’a valu vingt-sept mille kilomètres en voiture.

Petr Vaclav__

  • Zaneta , en salle le 6 mai et magnifiquement interprété par Klaudia Dudova
Zaneta affiche
Zaneta affiche © / Petr Vaclav

Synopsis:

Zaneta lutte sans cesse et jamais ne s’essouffle.Elle est Rom. Mère d’une fillette en bas âge. En quête de travail et de dignité, elle lutte pour intégrer une société tchèque qui lui est hostile. Son quotidien se transforme en tempête quand, menacé par les usuriers illégaux et les huissiers en col blanc, son compagnon David fait le pari de l’illégalité. Elle tente tout pour l’en détourner et trouver une solution à leur infortune.Elle devra batailler pour s’en sortir.

Au sujet des Roms de Tchéquie:

Certains ont la peau presque noire, ils ressemblent aux Tamouls, aux Indiens, d’autres sont bien moins typés, ils sont parfois carrément blonds. Ensemble, ils sont quelques centaines de milliers de citoyens tchèques. Citoyens deseconde zone. Sédentaires, je le rappelle.

  • Zaneta, bande annonce

L'entre soi est facile mais ce qui m'intéresse, c'est de me confronter à autre chose, à ce que je ne connais pas. Au-delà d'un film sur les Roms, j'ai aussi voulu faire un film sur les femmes - Petr Vaclav

Michael Cunningham

Auteur de six romans dont Crépuscule , Le Livre des jours et Les Heures , couronnées par le Pulitzer et le PEN/Faulkner Award, Michael Cunningham s’attache à raconter, avec la grâce et la subtilité qu’on lui connait, les fragilités et les failles humaines. Snow Queen , son nouveau roman, met en scène Barrett, paumé entre ses rêves brisés et ses amours déçues ; son frère Tyler, un musicien frustré par les limites de son art ; et Beth, la femme handicapée de Tyler, flottant entre la vie et la mort. Au-dessus de ce trio, la lumière, l’amour et l’espoir d’une rédemption irradient même au plus profond des ténèbres. Avec une grande douceur et une terrible lucidité,Snow Queen prend la mesure de cette distance floue qui existe entre désirer et posséder, entre réussite et échec, et ultimement, entre ce que nous pouvons comprendre et ce qui nous reste à jamais inconnu. .

Michael Cunningham
Michael Cunningham © / Michael Cunningham

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L'une des choses qui est tellement magnifique avec l'être humain, c'est cette capacité que nous avons à survivre, à surmonter des événements terribles - Michael Cunningham

  • Snow Queen, Michael Cunningham, Belfond__
snow queen
snow queen © / M cunningham

Avec toute la grâce et la subtilité qu'on lui connaît, Michael Cunningham nous offre une nouvelle plongée dans le New York des âmes perdues, l'histoire poignante d'hommes et de femmes en quête de transcendance, à travers l'amour et l'art. Un soir de novembre, alors qu'en pleine déprime amoureuse il traverse Central Park, Barrett est témoin d'une lumière mystérieuse, un moment fugace de beauté pure, un instant suspendu, comme si quelqu'un, quelque part, le regardait avec bienveillance.Une lumière qui lui évoque son frère, Tyler, cocaïnomane, musicien talentueux qui n'a jamais percé ; Beth, la fiancée de Tyler, qui se meurt d'un cancer ; Liz, leur amie commune, leur presque mère.Une lumière qui illumine aussi ses propres failles, ses ambitions ratées, ses amours déçues.Une lumière comme une manifestation du sublime. Comme l'amour qui, malgré tout, unit ces êtres blessés. Ou le rappel que, si le temps passe et les rêves aussi, reste la tendresse...

Evénement(s) lié(s)

EXILS au Théâtre de l'Odéon lundi 18 mai 20h: autour de Jorge Luis BORGES

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