Nancy Huston

Nancy Huston
Nancy Huston © Fanny Leroy 2015 / Fanny Leroy 2015
Nancy Huston
Nancy Huston © Radio France / Mélania Avanzato : Opale / Actes Sud

Née à Calgary au Canada, Nancy Huston, qui vit aujourd’hui à Paris, est l’auteur de nombreux romans et essais publiés chez Actes Sud et chez Leméac, parmi lesquels Instruments des ténèbres (1996 ; prix Goncourt des lycéens et prix du Livre Inter), L’Empreinte de l’ange (1998 ; grand prix des Lectrices de Elle), Lignes de faille (2006 ; prix Femina),Infrarouge (2010), Reflets dans un œil d’homme (2012) et Danse noire (2013).

  • Bad girl , Actes Sud
Nancy Huston
Nancy Huston © Radio France

Quels sont les facteurs improbables qui transforment une enfant née dans l’Ouest du Canada au milieu du xxe siècle en une romancière et essayiste bilingue et parisienne ? Connaissant les écueils et les illusions du discours sur soi, Nancy Huston tutoie tout au long de ce livre le fœtus qu’elle fut et qu’elle nomme “Dorrit”, afin de lui raconter sur le mode inédit d’une “autobiographie intra-utérine” le roman de sa vie. Arrière-grand-père fou à lier, grand-père pasteur, tante missionnaire, grand-mère féministe, belle-mère allemande, père brillant mais dépressif, déménagements constants, piano omniprésent, mère dont les ambitions intellectuelles entrent en conflit avec son rôle familial ; ainsi la création littéraire devient-elle pour Dorrit la seule manière de survivre. Citant ses mentors, Beckett, Barthes, Gary, Weil, Woolf, mais aussi Anaïs Nin ou Anne Truitt, Nancy Huston traque l’apparition, dans le cheminement de la petite Dorrit, des thèmes qui marqueront son œuvre.

Ce livre est fondamental dans la trajectoire littéraire de la romancière. Au plus près du territoire de l’intime, il offre un nouvel éclairage sur son œuvre.

  • La chronique de Marie-Madeleine RIgopoulos , Extrait:

Nancy Huston est remonté très loin, aux origines de son existence, tentant de comprendre le sens d’une vie qui a commencé à se tricoter bien avant sa conception. (…) Dans les branches de son arbre généalogique il y a des fous, un grand père pasteur méthodiste, une grand-mère distinguée qui joue du piano. Il y a des pauvres et des bourgeois, une femme qui regarde s’agiter au gré du vent le ruban blanc cloué à sa fenêtre tandis elle fait sa vaisselle, une femme qui travaille pour élever des enfants qu’elle ne voit plus. Il y a dieu.

Et puis il y des amours platoniques contrariés, des destins brisés. Il y a des femmes fortes, mais dont la force broie tout sur leur passage…

Vilaine fille, c’est bien entendu le qualificatif attribué à la narratrice, mais on ne peut s’empêcher d’imaginer que la vilaine fille c’est aussi la mère libre et indigne, la grand-mère féministe avant l’heure... Vilaine fille c’est vous, moi, vilaine fille ce sont les survivantes d’un monde qui a travaillé si dur pour annihiler leurs droits. Vilaine fille ce sont les filles qui voyage au-delà de leur utérus, les filles qui lisent, et écrivent, les filles qui veulent être des filles, pas des mères, les filles qui veulent ÊTRE tout simplement !

M.M Rigopoulos

Lignes de failles , au Théâtre du Rond point , du 12 mars au 11 avril

Lignes de failles Rd point
Lignes de failles Rd point © Lignes de failles Rd point

Un spectacle adapté du roman de Nancy Huston qui décrit les aventures de quatre générations d’une même lignée. La saga compte à rebours les grandes tragédies de l’Histoire et des quêtes intimes d’identité.

On entre dans le spectacle comme on entre dans un livre. On n’en reçoit pas plein la figure… Il y a un magnifique travail sur le son, sur l’image, sur l’équilibre... En fait, la scène avait l’air d’un tableau. Si je fermais les yeux à moitié, et que je voyais cela de loin, tout était très réfléchi, très harmonieux. Et en même temps, je n’avais pas l’impression que l’on me montrait le génie de la mise en scène… On avance, c’est comme dans une balade, inquiétante, dans une forêt inquiétante (rires), de récits, de relations et tout ça... J’ai vraiment beaucoup apprécié cette chose-là…

Nancy Huston

Alice Rohrwacher

réalisatrice (suisse-Italie)

C’était très important pour moi de raconter cette histoire avec des personnages qui ne peuvent pas être psychanalysés, sinon tous leurs gestes deviendraient sombres et tordus. En particulier l’amour d’un père pour sa fille, qui peut devenir nébuleux s’il est trop rationalisé. Je voulais que la relation entre Wolfgang et Gelsomina soit un amour instinctif. Comme un animal, il protège sa tanière et ne connaît que les saisons.

A. ROHRWACHER

  • Les Merveilles Grand prix du festival de Cannes
Les merveilles
Les merveilles © Radio France

Synopsis :

Dans un village en Ombrie, c’est la fin de l’été.

Gelsomina vit avec ses parents et ses trois jeunes sœurs, dans une ferme délabrée où ils produisent du miel.

Volontairement tenues à distance du monde par leur père, qui en prédit la fin proche et prône un rapport privilégié à la nature, les filles grandissent en marge.

Pourtant, les règles strictes qui tiennent la famille ensemble vont être mises à mal par l’arrivée de Martin, un jeune délinquant accueilli dans le cadre d’un programme de réinsertion, et par le tournage du « Village des merveilles », un jeu télévisé qui envahit la région.

  • Les Merveilles , bande annonce, en salle le 11/02

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