Moshem Makhmalbaf est un réalisateur Iranien en exil, il met en scène avec Le Président une fable moderne autour du pouvoir, de la réconciliation, et de l’espoir de briser une spirale infernale de violence. Le film est tourné en Georgie et l'action se passe dans un pays imaginaire.

Le romancier camerounais Gaston Paul Effa raconte avec "Rendez-vous avec l'heure qui blesse" l'histoire de Raphaël Elizé, vétérinaire martiniquais installé dans la Sarthe, qui fut élu maire de Sablé-sur-Sarthe en 1929, puis du fait de sa couleur, fut démis de ses fonctions en 1940. Engagé dans la résistance, Raphaël Elizé fut dénoncé et déporté à Buchenwald en 1943.

Gaston Paul Effa

G paul Effa
G paul Effa © Fanny Leroy 2015

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  • Eléments biographiques

Né au Cameroun en 1965, élevé par des religieuses, c’est en France que Gaston-Paul Effa poursuit ses études. Il mène à Sarrebourg en Moselle-Est une triple vie d’écrivain, de professeur de philosophie et de restaurateur solidaire à la (succulente) "Table des Tropiques". Il est aussi président du prix littéraire lorrain Erckmann-Chatrian, l’un des plus anciens prix français avec le Goncourt, et critique littéraire. Il a déjà publié chez Grasset Tout ce bleu (1995) et Mâ (1998) qui a obtenu les Prix Erckmann-Chatrian et Grand prix littéraire de l’Afrique Noire 1998. Le cri que tu pousses ne réveillera personne est paru chez Gallimard, en 2000, et Le cheval-Roi aux Editions du Rocher. Après " Nous enfants de la tradition" publié en 2008 aux éditions Anne Carrière, Gaston-Paul Effa publie en 2012 chez Actes Sud " Je la voulais lointaine" une belle réflexion sur les contradictions de l’exil et la difficile transmission de l’héritage traditionnel.

  • Rendez-vous avec l'heure qui blesse,Ed Gallimard **Continents noirsGaston paul Effa** (paru le 1er janvier 2015)
Rendez-vous avec l'heure qui blesse
Rendez-vous avec l'heure qui blesse © Gallimard

«Mon grand-père disait que pour les Noirs la peau est un mystère insondable, et il le disait sans chercher à savoir si nous comprenions, ou si, à Lamentin, on se souciait de la peau des esclaves, la mer, seule, évoquait quelque chose pour nous puisqu'elle n'était jamais bien loin, qu'elle nous nourrissait, qu'elle n'aurait jamais fini de charrier nos expériences originelles. Ce que voulait dire mon grand-père, c'était peut-être que la peau d'autrui et sans doute la sienne, et aussi la mienne aujourd'hui, sont un détroit où l'on ne peut que se perdre.» Martiniquais d'origine modeste, vétérinaire rejeté puis admiré, Raphaël Élizé, le narrateur, a été le premier maire noir d'une ville de France métropolitaine. L'occupation allemande, au cours de la Seconde Guerre mondiale, mit malheureusement fin à son mandat pour des préjugés de couleur. Il entra dans la Résistance avant d'être arrêté puis déporté à Buchenwald en 1944. Rendez-vous avec l'heure qui blesse , c'est le destin historique d'un homme simple, plein de tendresse et de compassion, d'un homme devenu un héros national ; c'est le destin d'un homme emblématique de la condition humaine qui a inspiré ce roman où l'Histoire le dispute à l'émotion.

  • Extrait de la chronique de M.M. RIGOPOULOS

Il était une fois un homme. Sa peau était noire. Son cœur était grand. Raphaël Elizé, vétérinaire et maire destitué de ses fonctions, réduit en esclavage dans le camp de Buchenwald sentira dans sa chair la peur d’une mort injuste, l’humiliation de la torture et de la faim.

Au cœur de cette effroyable tentative de déshumanisation par le pouvoir nazi, Raphaël s’accroche à son humanité dans le regard des chiens de ses bourreaux qu’on lui demande de soigner.

Que reste-t-il lorsqu’on a tout perdu ? Il reste le souvenirs de ceux qu’on aimé, il reste la poésie de Baudelaire et Shakespeare que l’on murmure tout bas dans le silence des tombeaux ouverts de Buchenwald, il reste la compassion."

Marie-Madeleine Rogopoulos

Gaston paul Effa sera l'invité du Salon du livre de Paris le samedi 21 mars de 15h à 16h Stand Gallimard

Moshem Makhmalbaf

Né à Téhéran en 1957, très jeune, Mohsen Makhmalbaf milite au sein d’une organisation islamique luttant contre le régime du shah. Il est emprisonné à 17 ans, à la suite d’une attaque contre un commissariat de police. Il reste en prison de 1974 à 1979 et est libéré au moment de la révolution. Entre 1980 et 1981, il écrit un roman, plusieurs nouvelles et des thèses sur le théâtre islamique. EN 1982, il réalise son premier long métrage, Nassouh le repentant . Suivent une série de films dont La noce des bénis (1989) qui traite des difficultés de réinsertion d’un photographe de presse à son retour du front de la guerre Iran / Irak. La censure empêche souvent les films de Mohsen Makhmalbaf de sortir avant quelques années, alors que ses livres connaissent très vite un vif succès populaire. Son filmKandahar (Prix de la critique oecuménique Cannes 2001), traite de la condition des femmes en Afghanistan. Mohsen Makhmalbaf est également le scénariste de La pomme,Le tableau noir (Prix du jury Cannes 2000) et Le jour où je suis devenue femme , films réalisés par sa fille Samira Makhmalbaf.

Le président, de Moshem Makhmalbaf, sortie le 18 mars, FILM INTER

je vis à l’étranger depuis dix ans, sans m’être fixé nulle part, mon coeur ne vibre plus pour un seul pays. Quand j’apprends les événements tragiques qui se déroulent en Syrie, je suis tout aussi bouleversé que lorsque j’entends ce qui se passe en Libye, en Égypte, en Iran, en Irak ou en Afghanistan. Ou dans n’importe quelle région du monde.

M. Makhmalbaf

The president Makhmalbaf
The president Makhmalbaf © Bac films

Synopsis

Le président et sa famille dirigent leur pays d’une main de fer, profitant d'une vie luxueuse pendant que ses sujets vivent dans la misère.Du jour au lendemain, un violent coup d’état met fin à cette dictature et le président devient l’homme le plus recherché du pays. Avec son petit-fils de 5 ans, il tente alors de rejoindre la mer où un navire les attend pour les mettre hors de danger. Grimés en musiciens de rue, ils se retrouvent confrontés à la souffrance et à la haine que le président a suscitées….

Le Président est une fable moderne autour du pouvoir, de la réconciliation, et de l’espoir de briser une spirale infernale de violence.

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J’ai beaucoup appris en suivant les informations concernant les différentes révolutions qui se déroulaient en plein coeur du Printemps arabe. J’ai vu comment ces dictateurs pouvaient, par leur seule volonté, déclencher des tragédies nationales donnant ensuite lieu à leur chute et à la révolution. J’ai aussi vu comment la violence propre à ces révolutions engendrait d’autres tragédies...

  • Le président, La bande annonce
M makhmalbaf
M makhmalbaf © x
  • En Afghanistan les boudhas n'ont pas été dtruits, ils se sont écroulés de honte

Auteur de romans, de nouvelles et d'essais, Mohsen Makhmalbaf se révèle avec ses carnets de route, écrits lors du tournage en Afghanistan de son film Kandahar, un journaliste documenté. Au-delà d'un travail de dénonciation d'une manipulation internationale, son texte est une déclaration d'amour au peuple afghan


  • Paula Jacques vient de publierAu moins il ne pleut pas chez Stock

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Au moins il ne pleut pas
Au moins il ne pleut pas © Paula Jacques / Paula Jacques

Hiver, 1959. Nous sommes au port de Haïfa. Deux adolescents, Solly et Lola Sasson, débarquent sous une pluie glacée. Deux orphelins venus d’Égypte, perdus, apeurés, qui ne savent rien du monde sur lequel ils viennent d’atterrir. Solly, le petit frère, c’est de la graine de voyou, séducteur, résolu à se tailler une place au soleil. Lola, son aînée de treize mois, rêveuse et timorée, estime que la vie dans les livres est plus intéressante que la réalité. Où aller ? Où les portera cette nouvelle vie de déracinés ? À Wadi Salib, sur les hauteurs de Haïfa, chez deux femmes étranges, Ruthie la silencieuse et Magda la bavarde, qui vivent comme des soeurs, liées par un pacte de la mémoire : ce sont deux rescapées des camps.Du moins, c’est ce que le lecteur va croire au début de ce roman foisonnant, humain, émouvant et provocateur à la fois. Les déportées le furent-elles vraiment ? Quel est le prix à payer pour survivre ? Et dans l’Israël des pionniers et de la coexistence difficile entre les communautés sépharade et ashkénaze, comment s’adapter, que choisir et qui être ?

  • Interview de Paula Jacques par Philipe Vallet pour France Info

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