Une s oirée enregistrée au Théâtre de L'Odéon, le 29 avril 2013, en présence d'Andreï Makine , avec des textes lus par Dominique Reymond.

Fille d’une mère russe et d’un père arménien, Nina Berberova naît en 1901 à Saint-Pétersbourg au sein d’une famille issue de la petite bourgeoise. Très tôt attirée par l’écriture (elle rédige dès son enfance de petits poèmes), elle sera présentée lors d’une soirée littéraire en 1915 à Anna Akhmatova et à Alexandre Blok.

Nina Berberova
Nina Berberova © Radio France

La guerre puis les révolutions l’amèneront à découvrir un tout autre monde que le sien : « Je connus les tourments que m’inspiraient les inégalités sociales, la politique qui envahissait notre vie et les premières privations. J’ai découvert, par-delà notre appartement vaste et propre où l’on vivait encore heureux, l’enfer de la pauvreté que l’on m’avait longtemps caché. Je ne connaissais les pauvres qu’à travers mes lectures. »

Après avoir poursuivi ses études à Rostov sur le Don entre 1919-1920, elle choisit, aidée par le poète Khodassevitch, l’exil, 1922. Après s’être installée à Berlin (où elle côtoiera Gorki) puis à Prague, elle gagne Paris en 1925. Interdite de travailler, elle connaît alors une vie difficile : quelques piges pour des journaux russes, quelques aides et des travaux de couture ou d’enfilage de perles lui permet de survivre. Si sa vie matérielle reste précaire, sa vie intellectuelle est foisonnante. Elle fréquente ainsi assidûment les soirées littéraires parisiennes où tous les intellectuels en exil se retrouvent (Nabokov, Tsvetaeva). Elle côtoie aussi ce peuple de l’exile qui nourrit son œuvre et dont elle dépeindra la misère dans ses Chroniques de Billancourt. , Les Derniers et les Premiers (1930), L’Accompagnatrice (1935). Comme l’écrit Nina Berberova à la fin de ses Mémoires, tous ses romans ont pour protagonistes ces « émigrés déclassés ». Des histoires faites « de gloire, de misère, de folie et de boue ».

En 1950, elle décide de gagner New York pour fuire la misère et l’indifférence française à sa prose. Pari réussi puisqu’en 1957 elle enseigne le littérature russe à Yale puis à Princeton

Celle qui dira d’elle même que « les malheurs de mon siècle m’ont plutôt servi : la révolution m’a libérée, l’exil m’a trempée, la guerre m’a projetée dans un autre monde » s’éteint en 1993.

L’œuvre de Berberova paraîtra très tardivement en France : il faut ainsi attendre 1985 pour voir publié son court roman L’Accompagnatrice .

Andreï Makine naît en 1957 à Krasnoïarsk, en Sibérie. Après avoir obtenu un doctorat en lettres de l'université Kalinine de Moscou, il enseigne à l'institut de Novgorod et collabore avec la revue russe Littérature moderne à l'étranger. En 1987, profitant d'un voyage en Farnce, il demande et obtient l'asile politique. Tout en donnant quelques cours de littérature russe à l'École Normale et à Sciences Po, .il se consacre à l'écriture. Ses conditions de vie sont alors précaires : s'il loge dans une petite chambre entre Belleville et Ménilmontant, il lui arrive de passer quelques temps dans un caveau du Père Lachaise. Ses manuscrits rédigés en français ayant été refusés, il décide de faire passer ses écrits pour des traductions de romans russes, espérant ainsi bénéficier de la "vague" de popularité de la narration russe. Il parvient ainsi à faire publier son premier roman (La fille d'un héros de l'Union Soviétique en 1990). Il obtient en 1995 le prix Goncourt, le prix Goncourt des lycéens et le prix Médicis ex aequo pour son livre Le Testament français.

Elève au conservatoire de Genève, Dominique Reymond a pour professeur Antoine Vitez. Grande actrice de théâtre, elle travaille, entre autres, avec Soble, Grüber ou encore Lassalle. Son premier rôle au cinéma est en 1984 dans ‘Pinot simple flic’. On l’aperçoit ensuite chez Dupeyron, Chabrol et Garrel. Mais il faudra attendre 1996 pour que Dominique Reymond se voit confier un véritable rôle dans ‘Y’aura t-il de la neige à Noël ?’, prestation qui lui vaut un prix d’Interprétation au Festival du film de Paris. En lui faisant confiance à trois reprises, Olivier Assayas lui permet de dévoiler l’étendue de son talent, dans ‘Les Destinées sentimentales’, ‘Demonlover’ et ‘L’Heure d’été’. Epouse de Jacques Perrin dans ‘L’Enfer’ de Danis Tanovic, elle retrouve ensuite Sandrine Veysset, après dix ans de séparation, dans ‘Il sera une fois’. En 2008, elle s’essaye dans un nouveau genre avec ‘Le Nouveau Protocole’ de Thomas Vincent aux côtés de Clovis Cornillac. En 2009, on la retrouve sur la croisette de Cannes avec ‘Adieu Gary’ de Nassim Amaouche, présenté lors de la Semaine de la critique.

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