En partenariat avec leThéâtre de l'Odéon

Une soirée enregistrée au Théâtre de l'Odéon , le 12 octobre 2015, en présence deGeorges Nivat , avec des textes lus par Michel Vuillermoz , sociétaire de la Comédie-Française

Alexandre Soljénitsyne est né en 1918 Kislovodsk, dans le Nord-Caucase, un an après la Révolution d'octobre. Très tôt, ce passionné de littérature épouse la cause communiste. Mais en 1945 une lettre où il critique Staline est découverte par la censure militaire. Il est condamné à huit ans de bagne, puis à la relégation au Kazakhstan. Dès sa libération il se met à raconter l'horreur des camps. La déstalinisation qui s'installe à partir de 1956 lui permet, tout en enseignant les sciences physiques, de publier son premier roman en 1962, Une journée dans la vie d'Ivan Denissovitch . Son retentissement en Russie et dans le monde est considérable. En 1970 Soljenitsyne obtient le prix Nobel de littérature. L'Archipel du Goulag est publié à Paris, en russe, en 1973, le manuscrit ayant pu être clandestinement sorti d'URSS. Il y restera interdit jusqu’en 1989. Soljenitsyne est arrêté l'année suivante, expulsé à Frankfort et privé de sa citoyenneté. C'est l'exil, en Allemagne, en Suisse puis aux Etats-Unis où il s'établit en 1976. Sur ses années d'exil, il écrit Le grain tombé entre les meules (1998-2005) . Soljenitsyne attendra la dislocation de l'URSS pour revenir en 1994 sur sa terre natale, où il meurt, à Moscou, en 2008.

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nivat © Radio France

Né en 1935 à Clermont-Ferrand, professeur honoraire à l'université de Genève, Georges Nivat est slaviste et historien des idées ; il a également eu une carrière de traducteur littéraire. Ancien directeur de l'Institut européen de l’université de Genève, il préside aujourd’hui les Rencontres internationales de Genève, où il a succédé à Jean Starobinski. Georges Nivat est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels une grande trilogie qui jalonne ses études et réflexions sur la culture russe : Vers la fin du mythe russe (L'Age d'homme, 1982), Russie-Europe, la fin du schisme (L'Age d'homme, 1993), et Vivre en russe (l’Age d’homme, 2007). Vivre en russe comporte des éléments d’une autobiographie intellectuelle.Une partie de son travail est dédiée au symbolisme russe, avec des études et traductions d’Andreï Biély (la traduction du chef d’œuvre de Biély, Pétersbourg, date de 1967, celle de Kotik Letaïev de 1977). Il s’intéresse par ailleurs grandement aux œuvres de la résistance morale russe - habituellement désignées sous le nom de « dissidence » - et en particulier à Soljénitsyne, auquel il a consacré un Cahier de l’Herne (1970), Sur Soljénitsyne (L'Age d'homme, 1974), Soljénitsyne (Seuil, 1980) - traduction russe parue en 1984 (OPI, Londres), puis en 1990 dans la grande revue russe Droujba narodov, et enfin aux éditions KhudLit en 1992. Georges Nivat a également rédigé des journaux de voyage « avec bagage intellectuel » : Impressions de Russie (Ed. de Fallois, 1993), Regards sur la Russie de l'An VI (Ed. de Fallois, 1998), « La Russie de l’An IX », in Le Débat (Gallimard, 1997). Il recommande et publie aux éditions Fayard une série de prose contemporaine russe, où ont été publiés, entre autres, Mark Kharitonov, Andreï Dmitriev, Piotr Alechkovski, Mikhaïl Chichkine.Georges Nivat a co-dirigé avec Efim Etkind, Vittorio Strada et Ilya Serman la publication de la monumentale Histoire de la littérature russe , dont six volumes ont paru aux éditions Fayard - le dernier en date en 2005. Il prépare en ce moment la publication du tome VII, dernier de la série. Par ailleurs, toujours aux éditions Fayard, il entame et dirige la publication d’un autre monument, Les Sites de la mémoire russe , et dont le premier volume, Géographie de la mémoire russe , a été publié en 2007.

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