Une s oirée enregistrée au Théâtre de L'Odéon , le 15 avril 2013, en présence dePhilippe Djian , avec des textes lus par Anne Alvaro.

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"La mère. Elle leur rappelait aussi que ce pays d’Indochine était leur patrie à eux, ces enfants-là, les siens. Que c’était là qu’ils étaient nés, que c’était là aussi qu’elle avait rencontré leur père, le seul homme qu’elle avait aimé. Cet homme qu’ils n’avaient pas connu parce qu’ils étaient trop jeunes quand il était mort, qu’elle ne leur en avait que très peu parlé pour ne pas assombrir leur enfance. Et aussi que le temps avait passé et que l’amour pour ses enfants avait envahi sa vie. Et puis la mère pleurait. Et puis Thanh chantait dans un langage inconnu l’histoire de son enfance à la frontière du Siam lorsque la mère l’avait trouvé et qu’elle l’avait ramené au bungalow avec ses autres enfants. Pour lui apprendre le français, elle disait, et être lavé, et bien manger, et ça chaque jour. Elle aussi, l’enfant, elle se souvenait, elle pleurait avec Thanh lorsqu’il chantait cette chanson qu’il appelait celle de «L’enfance lointaine» qui racontait tout ça qu’on vient de dire sur l’air de la Valse désespérée."

Marguerite Duras,L’Amant de la Chine du Nord (éd. Gallimard, 1991)

Marguerite Donnadieu est née en 1914 dans la banlieue de Saïgon. En 1923, sa mère, veuve, s’installe avec ses trois enfants dans le delta du Mékong. En 1932, alors qu’elle vient d’obtenir son baccalauréat, elle quitte Saïgon et vient s’installer en France pour poursuivre ses études. En 1939, elle épouse Robert Antelme, avec qui elle s’engage dans la Résistance. Elle publie Les Impudents , son premier roman, sous le pseudonyme de Marguerite Duras en 1943 . Son œuvre est considérable (cinéma, théâtre, articles de presse, romans et récits). Elle obtient le prix Goncourt en 1984 avec L’Amant . Elle meurt à Paris en mars 1996.

Philippe Djian est né en 1949 à Paris d’un père d’origine juive et d’une mère issue d’une famille catholique. Il a exercé de nombreux métiers : pigiste pour des journaux, employé dans un péage, magasinier, vendeur... Son premier livre, 50 contre 1 , paraît en 1981. Bleu comme l’enfer a été adapté au cinéma par Yves Boisset, et 37°2 le matin par Jean-Jacques Beineix. Il a publié chez Gallimard en 2012 «OH...» ainsi qu’une nouvelle traduction du Retour de Harold Pinter, créée par Luc Bondy à l’Odéon-Théâtre de l’Europe.

Attirée très tôt par l’art dramatique, Anne Alvaro débute sa carrière sur les planches en 1970. Elle ne tarde pas à se faire un nom, travaillant avec les plus grands metteurs en scène, de André Engel à Bob Wilson en passant par Alain Françon ou Georges Lavaudant. Elle fait sa première apparition à l'écran dans le Danton de Wajda en 1982, et on la retrouve dans les films très personnels de Raoul Ruiz (La Ville des pirates , 1983) ou Romain Goupil (La Java des ombres en 1983, seize ans avant A mort la mort ! ). Mais c’est dans un film d’Agnès Jaoui que l’actrice va se faire connaître du grand public en 2000 dans Le goût des autres . Elle remporte le César de la meilleure actrice dans un second rôle. En alternant toujours avec sa carrière théâtrale, Anne Alvaro joue dans La chose publique de Mathieu Amalric en 2002, Le scaphandre et le papillon de Julian Schnabel (2006), Faut que ça danse de Noémie Lvovsky en 2007. En 2010, Anne Alvaro incarne le rôle de Louisa dans Le Bruit Des Glaçons, une interprétation qui lui vaut le César 2011 de la meilleure actrice dans un second rôle.

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