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Antoine Philias © Antoine Philias / Marc Collin © Joël Saget AFP
Antoine Philias © Antoine Philias / Marc Collin © Joël Saget AFP © AFP

Marc Collin 

Album: Strange As Angels

Après la vibrante cover de Charlotte Sometimes, Marc Collin et Chrystabell poursuivent l’exploration du répertoire foisonnant de The Cure avec la reprise de Friday I’m in Love. Une version surprenante aux allures de music-hall sur fond de musique de carrousel…
Strange As Angels restitue à sa façon les milles et une couleurs sonores du groupe anglais.

Antoine Philias 

Livre : STEREO, Editions des Equateurs

"Ce branleur qui aurait pu chanter mieux et avait l'air de s'en foutre s'appelait Stephen Malkmus. Bientôt, Nina connaîtrait mieux ce nom que celui de certains membres de sa famille. Bientôt, Stiveun Molkmuce s'épanouirait sur les posters de sa chambre et produirait la bande-son de sa vie." En décembre 1992, Arthur aborde Nina gare de Rennes au lendemain des Trans Musicales. Petite dernière d'une famille bourgeoise de la Rochelle, initiée à la musique par son père, elle rêve d'entrer aux Inrocks. 

Comme Martin Eden qu'il trimbale dans son sac à dos, Arthur cultive ses goûts en autodidacte avant de postuler sans conviction à l'Arsenal de Brest. Ils n'ont rien en commun, excepté leur passion du rock et de Pavement, figure de proue de la scène indépendante des années 1990. Les riffs et la poésie tourmentée de ce groupe culte dessinent le motif d'une histoire singulière qui nous entraîne, des baladeurs K7 et des derniers appelés du service militaire à l'avènement d'Internet. Du Paris des radios libres aux reliefs rugueux d'Ouessant, l'île des naufragés.

"C'est aussi un livre sur la manière dont les gens qui aiment trop la musique pour la vivre comme un simple à-côté réussissent, ou non, à lui donner la part belle de leur vie, rêvent que ce soit les concerts qui redessinent les cartes du monde et ordonnent le calendrier." (Alice Zeniter)

Les Nouveautés Nouvelles avec Marc Mélia, David Lafore et Hubert Lenoir

Marc Melia est un amoureux des claviers, il vient de Majorque, il est bruxellois d’adoption et depuis quelques années, on l’entend aux côtés de Françoiz Breut. Il est signé sur le même label que Flavien Berger et ces deux-là sont comme des frères de son ! Ecouter la musique de Marc Melia, c’est comme prendre un trip : il faut se laisser faire, se laisser dériver sur des boucles, ne pas attendre une narration trop précise, prendre le temps d’explorer avec lui, les recoins de la pop. 

En 2017, Marc Mélia publiait Music For Prophet, en référence au fameux clavier polyphonique de la fin des années 70, en 2021, c’est au DX7, le synthé des eighties qu’il rend hommage avec une voix déformée, malaxée, recréée comme celle d’un androïde qui nous parlerait d’amour et de rêves. Nouveau titre : Oxitocines en catalan svp, accompagné de son très joli clip, c’est extrait de son 2ème album Veus qui sortira le 15/10 chez Pan European Recordings, avec la participation  de Flavien Berger et de Pi Ja Ma.

▷ Lui aussi a travaillé sur le son de sa voix jusqu’à la synthétiser comme un aficionado de l’auto tune, ce qu’il n’est pas forcément, mais va savoir, avec lui tout est possible… Lui, c’est David Lafore, agitateur pince sans rire de la chanson depuis 2004 avec cinq albums aussi passionnants que déstabilisants. Pour situer David Lafore, imaginez un fils spirituel de Desproges, avec une allure de Buster Keaton, un clown triste et imprévisible, capable de faire hurler de rire une salle comme de la retourner avec sa poésie très particulière. 

Une écriture tragi-comique qui a séduit Denis Podalydès, une BO de film ("Bancs Publics") contre des clips. Une écriture de plus en plus maitrisée, avec un sens de la noirceur, de la dinguerie, du groove qui lui accordent un statut définitivement à part ! On découvre « Dans l’eau », une chanson de « La tête contre le mur », son nouvel album attendu pour le 23/07. Sa tournée estivale démarre le 24/06 à Toulouse.

▷ Enfin, direction le Québec avec Hubert Lenoir ! On avait craqué sur son premier album « Darlène » : sorti en 2018, c’était un concentré de glam rock qui flirtait avec des saxos jazzy et des claviers psyché. Avec cette formule, Hubert Lenoir avait tout raflé chez lui et séduit les salles par chez nous. Depuis quelques mois, il jouait les hommes de l’ombre, signant un titre sur l’album de son pote Robert Robert, un autre pour Pierre Lapointe, il a co-écrit la chanson phare de la Star Académie québécoise. Bref, il affirmait qu’il était dans une période où il préférait faire de la musique avec et pour les autres. Mais chassez le naturel, il revient au solo ! 

Et c’est avec un titre qui porte bien son nom Secret, que le Xavier Dolan de la pop québécoise, se remet au centre du je : "Cette chanson parle d’un sentiment universel : le rejet. Elle existe pour réconforter les gens à travers ce sentiment doux amer de début d’été, où tu réalises que tes crushs/les gens/la société ne veulent pas toujours de toi". Premier titre donc d’un nouvel album "Musique Directe" annoncé pour l'automne qui cultive le mystère, on sait juste qu’il a été composé entre Los Angeles, Tokyo et le Québec, que l’idole des hipsters, Mac Demarco y joue de la batterie et que les guitares sont assurées par l’australien Kirin J Callinan et qu’Hubert Lenoir n’en revient toujours pas d’avoir enregistré avec ces deux-là !

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