Le festival DañsFabrik de Brest se déroulera au Quartz du 25 février au 2 mars. 8 créations au programme parmi les 20 spectacles du Festival. Dont certaines sont nées au Liban.

Al Mantara,  facade est, Jabal Faghri en arrière plan
Al Mantara, facade est, Jabal Faghri en arrière plan © Hala Younes

Depuis 8 ans, DañsFabrik invite des curateurs étrangers à composer une partie du festival de leur regard éclairé. Grâce à eux, DañsFabrik a noué des complicités avec des lieux de création dans différentes villes du monde. Cette année, nous aurons le plaisir de retrouver, à travers leurs œuvres, plusieurs curateurs des éditions passées. Délicate façon de tirer le fil de ces belles histoires artistiques. Et puis, nous découvrirons les créations issues des Constellations, réseau de résidences chorégraphiques internationales qui relient cinq villes du monde (Beyrouth, Athènes, Berlin, Santiago du Chili et Brest).

Avec Ramiz, notre chauffeur de taxi je vous conduis à Al Mantara, l'un des 5 lieux de ce réseau. Au passage, on s'arrête dans le quartier d'Achrafieh, pour aller chercher la chorégraphe Yalda Younes qui gère Al-Winat, organisme à but non lucratif qui gère ce lieu perché à Chétine, village accroché sur un promontoire ensoleillé et rocheux  au bord de la vallée de Tannourine, entre Jabail Ghaimou et Jabal Faghri.

L’histoire de ce projet est celle de la préservation d’une maison qui n’en finissait pas de tomber en ruine, mais elle était au beau milieu du village, dans un virage serré. La moitié de l’étage supérieur s’était déjà écroulée il y avait longtemps, on avait plâtré le reste avec un mur en béton banché. La façade prenait du ventre, les voûtes de l’étage inférieur s’ouvraient imperceptiblement. Le bois qui restait de la charpente souffrait. Après avoir été l’école du village, elle servait,  quand elle servait,  d’enclos à canards. Et puis derrière il y avait cette autre maison si seule sans son toit. Dans une dernière tentative avant le grand départ on avait construit une boite en béton entre ses vieux murs. Et puis, plus rien. Les voisins avaient même démonté leur maison pierre par pierre. Il n’en restait qu’un départ d’arcade accroché à un mur aveugle. Mais il y avait encore un beau chêne,  une vielle vigne et le souvenir d’un homme brillant né en 1928, il avait grandi là avant de partir avec les autres. Au seuil de sa vie, en 2001, il a écrit un poème dans la langue vernaculaire dédié à sa mère, à sa langue et à la maison où il avait grandi. 

DañsFabrik, à travers ce réseau Constellations permet à des chorégraphes de continuer à créer dans leur pays.  Sans ce festival, sans ces lieux de fabrique, ces chorégraphes n'auraient pas assez des moyens de production. C'est le cas d'Ali Charour, dont on a vu "Layl, la Nuit", sa dernière création à Beyrouth au théâtre Al Madina. Ce chorégraphe trentenaire, souvent programmé au Festival d'Avignon met un point d'honneur à créer ses spectacles au Liban. Le public de Brest verra son spectacle les 1er et 2 mars. 

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