Camembert
Camembert © grongar

Les crémiers fromagers indépendants ont lancé un appel pour « sauver le camembert au lait cru ». Est-ce qu’ils n’exagèrent pas un peu ?

Non, ils n’exagèrent pas ! Il faut bel et bien sauver le camembert de Normandie, le vrai, celui qui est élaboré avec du lait cru venant de vaches normandes qui mangent de l'herbe et du fourrage. Car aujourd'hui, il ne représente plus que 4,7% de tout le camembert vendu en France et dans le monde, autant dire plus grand chose.

Tout cela parce que les industriels du lait préfèrent nous vendre des produits au lait pasteurisé, pâteux, sans goût, mais qui, à leurs yeux, ont deux avantages : ils ne coûtent pas cher à produire et ils peuvent tenir longtemps en rayon.

D'ailleurs, il faut savoir que ces industriels ont aussi acheté des marques traditionnelles où l'on produit encore un peu de camembert au lait cru, histoire de s'acheter une conduite.

Mais il y a pire que ces fromages industriels : ceux qui porte la mention « fabriqué en Normandie » et qui, s'ils sortent bien d'usines normandes, sont élaborés avec du lait venant d'un peu partout et pas forcement cru. La base est peut-être du lait en poudre.

Bref, il y a urgence à redécouvrir nos camemberts, qu'ils soient de l'Orne, plutôt fruités, du Cotentin, plutôt forts, ou du Pays d'Auge et qui portent le logo de l'Appellation d'Origine Contrôlée ou protégée. Plutôt que de vous casser la tête à monter un plateau de fromage compliqué, proposez simplement à vos convives les trois origines de camembert dont je viens de vous parler. Avec un petit verre de cidre, vous allez voir, ils vont se régaler !

Une chronique dePhilippe Lefebvre

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