H5N1
H5N1 © uafcde

C'est une véritable bombe biologique qu'on créée les chercheurs de Rotterdam. En voulant comprendre les mutations génétiques et donc les processus de contamination, ils sont arrivés à un super H5N1, agressif et contagieux d'homme à homme. Aujourd’hui, le virus de la grippe aviaire ne l'est que de l’animal à l’homme. Ce bricolage génétique sur un pathogène est assez commun en laboratoire. Celui-là n'est pourtant pas passé inaperçu aux yeux de l'agence de biosécurité américaine. Afin de prévenir une éventuelle utilisation terroriste, elle a interdit aux scientifiques de publier leurs travaux et donc la « recette » dans la revue Science .

Pourtant, comme tout virus de cette dangerosité, le H5N1 n'est conservé et manipulé que dans un laboratoire sécurisé, un « P3 », voire ultra sécurisé, un « P4 ». Il existe un P4 à Lyon où l'on trouve Ebola, Lhassa, ou encore d’autres virus responsables d'encéphalite. Seuls des chercheurs et des techniciens habilités et formés peuvent y accéder.

Sas d'isolement, filtration poussée de l'air, scaphandre, douche chimique, les précautions sont poussées à l'extrême. Car lorsqu'on envoie au P4 un virus, c'est qu'il répond à quatre critères :

  • il est extrêmement pathogène ;

  • il n'y a pas de traitement préventif ;

  • il n’y a pas non plus de médicaments pour soigner;

  • il est contagieux d'homme à homme.

C'est justement le cas du virus H5N1 mutant créé à Rotterdam. Il devrait donc, en toute logique, prendre le chemin d'un laboratoire P4 ; il n'y en a que sept en Europe.

Une chornique de Sophie Bécherel

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