Laicité
Laicité © Jean Effel

Le modèle laïc de l’école républicaine française qui permet à des élèves, d’origine, de culture, d’appartenance religieuse et de milieux sociaux différents de se retrouver dans une même classe, ce modèle a-t-il vécu ? La question se pose au regard du succès grandissant que rencontrent les établissements privés confessionnels.

C’est vrai l’enseignement public scolarise encore 84% des élèves et la part du privé, majoritairement catholique sous contrat avec l’Etat n’augmente quasiment pas. En revanche, les autres écoles confessionnelles attirent de plus en plus de parents. C’est particulièrement vrai pour les écoles juives qui accueillent 30.000 jeunes, soit 5 fois plus qu’il y a 15 ans.

Comparativement, le poids des établissements musulmans est encore très modeste : 800 élèves scolarisés majoritairement en région parisienne.

Mais là encore, l’attrait est réel puisqu’on compte aujourd’hui 9 établissements musulmans contre un seul il y a dix ans.

Derrière cela , il y a sans doute une volonté d’affirmation communautaire, le souci de donner une éducation religieuse à ses enfants, mais également le désir de leurs offrir la meilleure scolarité possible. Car les familles juives et musulmanes sont elles aussi confrontées à la dégradation de la qualité du service public de l’Education Nationale dans les banlieues populaires.

Finalement, selon Bernard Toulemonde, auteur d’une analyse sur les « Nouveaux enseignements confessionnels », le privé, pour ces parents, c’est un peu l’enseignement public idéalisé, celui où les profs ne feraient pas la distinction entre enseigner et éduquer. Bref, un désir somme toute banal.

Reste que si le phénomène confessionnel devait prendre de l’ampleur dans l’éducation, il faudrait sans doute que les laïcs s’en inquiètent.

Une chronique de Christian Bauby

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