C’est la question posée par une très belle exposition d’art contemporain à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, à Paris.

Josephine Baker
Josephine Baker © megpi

« Etrangers partout » proclame le Néon, œuvre du collectif d’artistes Claire Fontaine, qui accueille le visiteur de « J’ai deux amours ». J’ai deux amours, la chanson de Joséphine Baker, est le titre de cette très belle exposition pour signifier qu’on peut être d’ici et d’ailleurs, mais aussi pas complètement ici et plus du tout d’ailleurs.

Avoir deux amours, c’est d’abord en quitter un pour en chercher un autre. C’est partir, s’exiler en emmenant le peu qu’on possède comme ces ballots multicolores entassés dans une barque en bois flottant sur un lit de bouteilles du Camerounais Barthélémy Toguo.

Partir, c’est se confronter au rejet, n’être plus rien ou presque, comme ces Afghans clandestins photographiés endormis au petit matin par Mathieu Pernot. Des Afghans invisibles, enroulés dans des couvertures qui forment comme des linceuls.

« J’ai deux amours », c’est aussi essayer de vivre ensemble en tentant de s’intégrer pour être comme les autres. Kader Attia le montre avec humour sous la forme d’un distributeur contenant des produits certifiés hallal. Mais il s’agit de Botox hallal, de préservatifs ou de cigarettes hallal ou bien encore de petit manuel intitulé Comment perdre son accent de banlieue en trois jours .

Au total, le visiteur pourra découvrir une centaine d’œuvres d’artistes contemporains regroupées en cinq parcours, visibles jusqu’au 24 juin prochain.

Une chronique deChristian Bauby

Les liens

Exposition "J'ai deux amours" - Cité Internationale de l'histoire de l'immigration

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