Père et enfant
Père et enfant © Radio France

C'était une question non résolue jusqu'ici. Des études avaient certes montré que la testostérone, hormone mâle par excellence, était plus faible chez les pères que chez les célibataires sans enfants. Mais impossible de savoir si c'était la paternité qui faisait baisser le taux d'hormone ou si les hommes avec un taux moins élevé d'hormones avaient plus de chance de procréer.

Une toute dernière étude, menée chez 600 volontaires, lève l'incertitude. C'est bel et bien la paternité qui agit! Le groupe de jeunes célibataires a été suivi de 21 à 26 ans. Au bout de cinq ans, ceux qui étaient devenus papas avaient un niveau de testostérone deux fois plus bas que les sans enfants. Les hommes qui passaient plus de trois heures par jour à changer les couches du bébé, le baigner, l'habiller, jouer à quatre pattes ou à lire des histoires, avaient les taux les plus bas.

Mais c'est aussi ceux qui, au départ, avaient le plus de testostérone et donc le plus d'atout pour attirer un partenaire. Si le résultat colle mal avec l'image de virilité généralement véhiculée, les auteurs de l'étude jugent que l'arrivée d'un enfant peut contraindre à un changement émotionnel et psychologique tel, qu'il entraîne une adaptation biologique. Ce que l'étude n'a pas étudié, c'est l'évolution de la testostérone au fur et à mesure que l'enfant grandit et devient indépendant, et ce qui se passe si c'est un oncle ou un frère qui prend soin du bébé.

Une chronique de Sophie Bécherel

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