Drapeau Grèce
Drapeau Grèce © Radio France

C'est le prix fort que paient les Grecs. Une étude publiée dans la revue médicale The Lancet fait état de chiffres catastrophiques, concernant aussi bien la santé physique que mentale. David Stuckler, spécialiste de santé publique à Cambridge, et son équipe, ont comparé les indicateurs de santé de 2007 et d'aujourd'hui. Taux de suicide en augmentation de 17% entre 2007 et 2009 et de 25% depuis 2009, nouvelles infections par le virus du sida (+50%, surtout chez les usagers de drogues). Une explication : des coupes drastiques dans les programmes de réduction des risques, alors même que la consommation d'héroïne progressait de 20%.

Le nombre de patients à avoir renoncé à des soins médicaux ou dentaires a grimpé de 15%. Certes, en Grèce, il est possible de consulter gratuitement un médecin généraliste ou de se rendre à l'hôpital sans avancer de frais, mais le système de santé est tellement en déliquescence, avec un budget hospitalier en baisse de 40%, que c'est la pénurie de médecins, de matériel, voire même la corruption, qui font que les malades renoncent aux soins.

Et donc, les structures d'ONG comme Médecins du Monde, qui soignaient auparavant des migrants, voient affluer les Grecs eux-mêmes. Voilà aujourd'hui le sinistre paysage sanitaire qu'offre la Grèce.

Une chronique de Danielle Messager

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