Sans-papiers: manifestation des avocats en toge au Parlement
Sans-papiers: manifestation des avocats en toge au Parlement © han Soete

C’est la question que pose le collectif Cette France-là dans l’ouvrage Sans papiers et préfets. La culture du résultat en portrait .

De la cinquantaine de portraits d’immigrés et de préfets contenus dans ce livre, on retient surtout ceux de ces grands commis de l’Etat chargés d’appliquer la politique d’immigration du gouvernement.

Serviteurs mais pas simple rouages, car comme le rappelle le collectif « Cette France-là », les préfets, dans une injonction contradictoire, sont sommés chaque année d’un côté d’appliquer des quotas d’expulsion et de l’autre, d’apprécier chaque situation au cas pas cas.

Ce livre restitue donc leur action au travers de faits précis, datés, et de leurs déclarations publiques.

Autant le dire, elles provoquent parfois un certain malaise. « Vous comprenez sans doute , dit l’un de ces préfets, que pour ce qui concerne les sans-papiers, j’applique les directives du gouvernement, si je le faisais avec humanité, cela voudrait dire que je n’applique pas les directives gouvernementales ».

Et l’on voit bien, au fil de cet ouvrage, que ces directives sont toujours mises en œuvre dans le sens le plus restrictif pour les sans-papiers. Certaines préfectures vont même plus loin pour jouer un rôle de laboratoire, en anticipant par exemple la disposition législative concernant la restriction du droit au séjour des étrangers malades.

S’il fallait résumer la philosophie générale de l’action des préfets en matière d’immigration, on pourrait citer la phrase de l’un d’entre eux : « Les étrangers qui entrent sur le territoire sans titre de séjour n’ont pas vocation à être régularisés ».

Une chronique deChristian Bauby

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