Moins de médecins = moins d'actes médicaux et donc moins de dépenses et de déficit, voilà le raisonnement qui avait poussé les politiques des années 90 à abaisser considérablement le nombre d'étudiants en médecine chaque année.

La pire fut 1992, avec seulement 3.500 places. Comme on y avait été un peu fort, on a commencé à remonter progressivement, dans les années 2000, pour atteindre 7.400 cette année et Xavier Bertrand vient donc d'annoncer que ce sont 8.000 étudiants qui seront admis en deuxième année. Certes, la France connait des déserts médicaux, mais d'autres endroits sont envahis de médecins : la Côte d'Azur, Paris...

La solution n'est- elle pas plutôt une meilleure répartition ? Un syndicat de médecins, la CSMF, se prononce d'ailleurs pour des numerus clausus régionaux, afin de cibler spécifiquement les régions déficitaires. Car un quota national ne garantit absolument pas qu'il y aura davantage de médecins là où il y en a le plus besoin.

Alors fausse bonne idée cette augmentation ? De toute façon, vue la durée des études de médecine, on n'en verra les effets que dans dix ans. Le temps, peut-être, de réaliser que sans obligation ou sans forte incitation, les médecins continueront à s'installer où ils veulent et non là où on en a besoin.

Une chronique de Danielle Messager

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