Travailleurs immigrés
Travailleurs immigrés © WYZ

Rien ou presque rien et c’est un peu pour réparer cette méconnaissance que le livre du photographe Olivier Pasquiers est précieux. Livre ou plutôt carnet, il en a d’ailleurs la forme. Carnet de voyage en quelque sorte puisqu’il retrace en une trentaine de portraits le parcours de ces algériens, sénégalais, maliens, libanais venus en France il y parfois très longtemps pour y trouver du travail.

Toutes les photos accompagnées d’un court texte ont été prises au foyer de Clichy-la-Garenne où vivent tous ces hommes. Un projet né de la collaboration entre la mairie de Clichy et Olivier Pasquiers pour porter témoignage de ce qui ne sera bientôt plus. Le foyer va en effet être démoli en 2015 pour faire place à de nouvelles résidences sociales. Plus modernes et plus confortables sans doute mais aussi plus chères et plus impersonnelles.

Car comme l’explique le photographe qui a passé un an avec ses travailleurs migrants même si le foyer était vétuste, avec des chambres de 14 m2 parfois coupées en deux, ces résidents y sont très attachés.

Ils y sont parfois sur plusieurs générations, le fils reprenant la chambre du père, cela constitue une vie communautaire ouverte sur l’extérieur où la cuisine partagée joue un rôle essentiel. Un lieu où celui qui rentrait tôt le matin après une nuit de travail pouvait toujours trouver une assiette de riz au poulet pour moins de 3 €.

Ce sont de beaux portraits qu’a réalisé Olivier Pasquiers. Le livre paru aux éditions Créaphis s’appelle « Merci aux travailleurs venus de loin ». Des travailleurs dont les noms et prénoms ne sont jamais cités. C’est voulu explique le photographe car ces hommes sont en permanence renvoyés à l’anonymat de l’appellation « travailleurs immigrés ».

Une chronique de Christian Bauby

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