Steack au poivre
Steack au poivre © Marionlon

Dès janvier prochain, les restaurateurs devront indiquer sur la carte si les plats qu'ils vous servent sont faits maison ou s'il s'agit de préparations industrielles.

Aurons-nous plus de produits frais à la carte ?

Au risque de vous gâcher votre matinée, la réponse est clairement « non ». Il ne faut pas s'attendre, en janvier prochain, à une révolution culturelle dans les restaurants, bistrots, brasseries et autres gargotes, et ce, pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, parce que les surgelés et les conserves, ne sont plus depuis longtemps des accessoires dans les cuisines. Cela représente à peu près la moitié des achats des restaurateurs, et pas que des petits. Un gros industriel du surgelé me confiait même qu'il allait, en douce, servir des restos étoilés en prenant bien garde de ne pas laisser sa camionnette en stationnement devant l'établissement.

De surcroît, les restaurateurs nous expliquent qu'aujourd'hui, ils ont du mal à recruter et que pour le patron qui veut encore avoir une carte un peu variée, il n'y a qu'une seule solution : le passage par la case surgelée ou sous vide. Remarquez, il y a pire : ces chaînes de restaurants qui vous font croire que ça bosse dur en cuisine, alors qu'en fait, les plats ont été élaborés dans des usines et qu'ils sont ici simplement réchauffés. Par contre l'addition, elle, est faite sur place, et elle est souvent trop salée pour ce que vous avez dans votre assiette.

Enfin on risque, côté cuisine, de jouer sur les mots. En effet, un steak au poivre vert avec une viande fraîche et une sauce industrielle, est-ce un produit considéré comme fait maison ? Vous le voyez, c'est loin d'être simple et la répression des fraudes risque d'avoir encore beaucoup de travail dans les mois qui viennent.

Une chronique de Philippe Lefebvre

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