Regrets
Regrets © RedJinn

Non si l’on veut bien vieillir : c’est ce que conclut une équipe de chercheurs en neurosciences de Hambourg, qui vient de publier les résultats d’une nouvelle étude.

Lorsque l’on est jeune, un regret peut aider à prendre de meilleures décisions par la suite. Mais, avec l'âge, les possibilités de voir se reproduire une situation diminuent et regretter une action ou une décision ne sert à rien.

Emotionnellement, on vieillit mieux si l’on n'a pas de regret. La conclusion à laquelle sont arrivés les scientifiques s'appuie sur une preuve physiologique. Ils ont regardé l'activité cérébrale de trois catégories de personnes : de jeunes adultes, des adultes plus âgés déprimés et d'autres en bonne santé.

En jouant sur un ordinateur, les volontaires ouvraient des séries de boîtes contenant soit de l'argent, soit le dessin d'un diablotin qui signait la fin de l'exercice et entrainait la perte de tout l'argent gagné jusque là. A tout moment, les joueurs pouvaient décider de continuer, ou d'arrêter avec leurs gains. A la fin de l'expérience, toutes les boîtes étaient ouvertes afin que les joueurs puissent découvrir jusqu'où ils auraient pu continuer sans perdre.

En découvrant qu'ils avaient raté des occasions de gagner plus, les jeunes et les personnes âgées déprimées ont pris ensuite plus de risques. Les personnes âgées en bonne santé n'ont pas changé de comportement. Dans le cerveau des premiers, à chaque occasion manquée, une zone impliquée dans le sentiment de regret et le contrôle des émotions s'est activée. Le rythme cardiaque et la sudation des mains ont augmenté.

En revanche, chez les personnes âgées en bonne santé, on n’a rien remarqué de ces excès émotionnels. Pour les chercheurs, ce recul et cette absence de regrets est un facteur de résilience essentiel pour la santé émotionnelle.

Une chronique de Sophie Bécherel

Les liens

Etude publiée dans la revue Science à propos du vieillissement

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