Endive
Endive © Radio France / Miran Rijavec

Officiellement, l’Autorité de la concurrence nous explique que si elle condamne à de lourdes amendes quasiment un cartel par semaine, ce n’est que le hasard du calendrier et le résultat d’enquêtes très longues. Après tout, pourquoi pas.

Mais si l’on y regarde d’un peu plus près, on s’aperçoit que toutes les affaires très médiatisées de ces dernières semaines ne se valent pas.

Ainsi, d’accord pour ne pas pleurer sur les fabricants de lessive, qui ont organisé les réunions secrètes pour verrouiller le marché et faire en sorte que l’on paye la lessive, toujours plus chère.

En revanche, je m’interroge sur la condamnation des producteurs d’endives.

En effet, que des cultivateurs ou des coopératives agricoles s’organisent entre elles pour fixer un prix minimum en dessous duquel elles ne vendront pas leurs endives pour ne pas brader leur production face à la grande distribution, je ne vois pas où est le problème. Sauf, peut-être, pour la grande distribution qui, régulièrement, menace nos producteurs d’aller chercher des produits équivalents ailleurs, là où la min d’œuvre est moins chère.

D’autant qu’en y regardant bien, on s’aperçoit que le prix de l’endive payé par nous, consommateurs, n’a pas vraiment évolué à la hausse ces dernières années. Si, comme on essaie de nous le faire croire, les producteurs d’endive sont des bandits de grand chemin, franchement, ils ne sont pas très efficaces.

Par ailleurs, on ne peut pas demander aux agriculteurs de mieux s’organiser pour peser face à la grande distribution, et les condamner dès qu’ils le font. Il y a dans tout cela un problème de cohérence.

Une chronique dePhilippe Lefèbvre

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.