C'est ce qui apparaît dans l'exposition « Plumes » au musée du quai Branly, à voir jusqu'au 29 janvier 2017.

Si la plume est légère, son histoire est lourde !
Si la plume est légère, son histoire est lourde ! © Getty / Tim Platt

Une exposition qui a eu l'heureuse idée de se tourner vers l'Amérique précolombienne

A l'époque, les plumes, comme les représentations d'oiseaux, sont omniprésentes dans l'art péruvien. Cela s’explique par la conception qu'ont les populations locales de l'univers. Il y a l'oiseau qui incarne les dieux, le félin qui symbolise les êtres terrestres et le serpent qui représente le monde des morts et des ancêtres. L'usage des plumes va donc renvoyer au monde essentiel, celui d’en haut.

Les plumes sont réservées aux dirigeants, aux dignitaires ?

Pas que. Chez les Incas, l'empereur, par exemple, exhibait deux plumes, l'une blanche, l'autre noire, tenues par un bandeau frontal. Mais les victimes des sacrifices étaient également parées de plumes. De même, les vêtements des guerriers étaient ornés de plumes.

Et on les retrouve bien sûr en représentation sur des statuettes, des céramiques et même des textile décorés de plumes, comme cette tunique présentée par le musée du quai Branly et prêtée par le musée des Jacobins à Auch.

Avec la conquête espagnole, l'usage des plumes va disparaître ?

Pas du tout ! Les conquistadors et les évangélistes ont vite compris l'importance de cette symbolique et ils vont la détourner au profit du message chrétien.

De quelle manière ? En intégrant la plume sur des tableaux représentant des scènes religieuses. Et en montrant ainsi à l’occident le génie indien et les progrès de l'évangélisation. Cela dit, en raison de leur très grande fragilité, très peu d'objets décorés de plumes ont survécu. Il en resterait quelque 180 dans le monde, dont certains sont évidemment présentés dans l'exposition.

L'usage de la plume n'a pas condamné les espèces d'oiseaux ?

A l'époque, non, car on ne peut pas parler d'industrie, même si l'on sait que les oiseaux les plus capturés sont les aras et les colibris, en raison de leur plumage, qui génèrent le phénomène spectaculaire d'iridescence. C'est surtout à la fin du XIXe, début du XXe siècle que la plumasserie va devenir industrielle.

Là, c'est la mode des chapeaux à plumes, une mode terrible qui va générer une véritable industrie comptant quelque 50 000 ouvrières travaillant dans 600 fabriques, le tout conduisant à détruire près de 30 millions d'oiseaux. Et en plus, les oiseaux étaient de préférence tués en pleine période de reproduction puisque c'est le moment où les plumes étaient les plus belles. Donc un oiseau tué, c'était une génération qui disparaissait.

Les massacres ont heureusement disparu en même temps que cette mode, durant la période d'entre deux guerres.

Tous les oiseaux ont le même nombre de plumes ?

Non, le nombre augmente en fonction de la taille de l'oiseau et souvent de l'époque de l'année. Les oiseaux les plus petits, comme les colibris, ont le moins grand nombre de plumes (environ 900 à 1 000) tandis que les plus gros, comme les cigognes, peuvent en compter 2 500. Pour information, une tourterelle, c'est près de 4 000 plumes et un canard colvert 10 000.

►►► L'exposition « Plumes, visions de l'Amérique précolombienne » est à voir jusqu’au 29 janvier au musée du quai Branly à Paris.

Les ours des cavernes font parler d'eux

Au delà de la reconstitution de Lascaux, inaugurée en décembre et qui en montre une illustration admirable, c'est le musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye qui a décidé de revisiter l'ours dans l'art préhistorique.

Objectif : plonger le visiteur dans le paléolithique (entre – 38 000 et – 11 000 ans environ) avec des objets, bien sûr, mais aussi des animations 3D et même un jeu qui pourrait générer des vocations de paléontologues.

►►► L'exposition "L’ours dans l’art préhistorique" est à voir jusqu'au 30 janvier au musée d’Archéologie nationale – Domaine national de Saint-Germain-en-Laye

Le livre de la semaine

Dans la collection conçue par Virginie Ennor, "Les Iconovores" (Critères Éditions) le dessinateur Faujour livre des dessins humoristiques qui ne sont pas consacrés qu'aux animaux et à la nature, mais qui leur accordent une large place.

Près d'une centaine de dessins, un esprit vif, caustique et toujours plein d'émotion. A noter que dans sa collection, Virginia Ennor a aussi donné la plume à Coco, Pierre Samson et Camille Besse.

La citation de la semaine

Gandhi :

Il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire le désir de possession de chacun

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