Mardi prochain, le Conseil Économique Social et Environnemental va rendre un avis sur les fermes aquacoles en proposant des améliorations à cette activité.

Ils proposeront plus d'une cinquantaine de recommandations qui vont d'une meilleure traçabilité des produits, en passant par le respect des milieux naturels ou encore les aides à la profession. C'est un très important marché : la consommation des produits aquatiques est passée de 10 kg à près de 20 kg par an et par être humain, en 50 ans.
En France, nous faisons partie des grands consommateurs puisque nous atteignons 34 kg par an et par personne. Mais nous importons 86 % de notre consommation, ce qui génère un déficit commercial en augmentation de plus de 60 % en 10 ans.

Comment peut on expliquer cette situation ?

Depuis 20 ans, aucune entreprise de pisciculture marine n'a été créée en France, alors que nous exportons pourtant plus de 100 millions d'alevins vers des pays qui vont les élever et les renvoyer sur nos étals. Résultat, ce sont eux qui en tirent profit alors que le consommateur ne sait même pas avec quoi ces poissons ont été nourris et traités.

Cela dit l'activité impose de pêcher énormément pour nourrir les poissons d'élevage.

C'était vrai autrefois, où l'on capturait effectivement près de dix kg de poissons pour nourrir un kilo d'élevage, mais aujourd’hui, la bonne nouvelle, c'est que ce rapport s'est considérablement réduit : nous en sommes à environ 1,6 kg de sauvage pour un kg d'élevage.
Et de plus, en France, aucun bateau ne pratique la pêche minotière : celle qui est spécialisée dans la capture d’espèces transformées en farine ou en huile. En effet, ce sont les Norvégiens, les Chinois et les Chiliens qui sont les premiers exploitants et qui sont montrés du doigt.

Pourrait-on se passer de ces « poissons fourrages » ?

C’est, en tous cas, une recommandation du CESE qui soutient la recherche dans ce domaine et qui souligne que l'on élève de plus en plus de poissons végétariens. Il y a aussi d'autres perspectives avec de nouvelles sociétés qui produisent des larves d'insectes sur des substrats végétaux de houblon, par exemple. Quoi qu'il en soit, il n'y a pas qu'une seule réponse pour toutes les espèces exploitées en aquaculture.
Le CESE s'est également intéressé à la filière des huîtres car les nombreuses pathologies qui ont frappé l'ostréiculture, depuis quelques années, remettent en cause les modes de production. Il faut savoir que les huîtres naissent, par exemple, (pour majorité en écloseries) du côté de Marennes-Oléron et partent pour quasiment deux années dans les eaux plus froides et plus riches d'Irlande, de Normandie ou de Bretagne nord. Elles reviennent ensuite en fin de croissance dans des bassins d'affinage, mais elles peuvent ramener des bactéries ou des virus qui déciment les parcs. D'où une demande de traçabilité, notamment pour les huîtres dites "triploïdes" qu'il faut distinguer des huîtres naturelles nées en mer et élevées en mer.

Cet avis d'Élodie Martinie-Cousty et Joëlle Prévot-Madère sera soumis au vote mardi prochain. Si ces recommandations sont mises en œuvre, on peut espérer une évolution positive de l'aquaculture.

Dans l'actualité

  • le site faunesauvage.fr, une initiative de Jean Baptiste Dumond qui se bat pour la préservation de la biodiversité depuis quelques décennies et qui a initié ce site valorisant les photos, les actualités, les reportages et autres enquêtes sur la nature. C'est gratuit et passionnant. ►►► EN SAVOIR PLUS | faunesauvage.fr.
  • Samedi prochain, grande manifestation à Guéret, dans la Creuse, contre le projet de ferme des 1000 veaux. C'est l'association « Lumière sur les pratiques d'élevage et d'abattage » qui dénonce : - l'engraissement des veaux qui vont doubler leur poids en sept à huit mois, contre 36 en pâturage, - l'exportation des animaux à 500 km de la Creuse, - des égorgements sans étourdissement, etc.Voilà plus de deux ans que la LPEA condamne ce projet de ferme usine.►►► EN SAVOIR PLUS | L'association « Lumière sur les pratiques d'élevage et d'abattage ».
  • « Zoothérapie » de José Sarica. Ce biologiste Français a accompagné le premier institut de formation à la zoothérapie créée en 1983 au Québec. On rappelle que la zoothérapie vise à profiter des relations avec certains animaux pour combattre des pathologies humaines, comme l'anxiété, l'autisme, les troubles alimentaires, etc. Un livre éloquent qui met notamment en scène Chico, le chien de José Sarica, qui parvient à faire des petits miracles. C'est édité par Arthaud.►►► EN SAVOIR PLUS | Le livre Zoothérapie de José Sarica aux éditions Arthaud.

La citation de la semaine

François Nourissier – Écrivain, journaliste et membre de l'Académie Goncourt

Quoi qu'on dise, en me rendant la tendresse plus familière, les animaux m'ont appris à mieux aimer les hommes.

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