On parle même de « succès de l'évolution », car ces "insectes sociaux" ont tout inventé dans l'intérêt général.

Fourmis portant des feuilles sur leur dos
Fourmis portant des feuilles sur leur dos © Maxppp / INS News Group - 273406 /EXPRESS SYNDICATION

C'est en faisant ce constat qu'Eric Darrouzet et Bruno Corbara, tous deux biologies enseignants chercheurs, ont revisité leurs multiples observations pour nous proposer un ouvrage : « Insectes sociaux » aux éditions Quae qui passe en revue les comportements les plus étonnants.

Les intrus qui deviennent invisibles

En principe, pour entrer dans une colonie de fourmis, par exemple, il faut montrer « patte blanche ». En clair, avoir la même signature chimique que celle de la colonie, faute de quoi, on est immédiatement rejeté ou même tué.

Et bien certains insectes dits « myrmécophiles », c’est à dire qui peuvent s'associer aux fourmis, on développé des mécanismes d’invisibilité dignes de James Bond. Ils font appel au mimétisme chimique en produisant une signature identique à celle de la colonie. Ils peuvent ainsi circuler sans problème dans la fourmilière et évidemment profiter de la nourriture apportée par les ouvrières. Et parfois même tuer les larves des fourmis pour les manger. Et tout cela malgré un aspect physique entièrement différent !

La coopération

Parmi les nombreux exemples de coopération, les ouvrières « Eciton » (des fourmis légionnaires) sont capables d'élaborer des ponts vivants qui peuvent enjamber des obstacles sur plusieurs mètres et permettre ainsi aux autres fourmis de progresser sans ralentir.

Pour y parvenir, certaines fourmis choisissent de se dévouer : elles s'associent en sorte de chapelet d'ouvrières qui peut se suspendre au dessus du vide et s'allonger vers le bas au fur et à mesure que les fourmis s'agrègent. Ainsi des ponts ou des échelles demeurent en place parfois pendant des heures et ne se disloquent que lorsque le trafic est terminé.

Certains insectes ont inventé les méthodes du terrorisme bien avant l'homme

Chez certaines espèces de fourmis et de termites, des individus spécialisés se font carrément exploser pour venir à bout des agresseurs qui s'aventurent dans leur nid. C'est sûrement l'une des manifestations les plus remarquables d'altruisme à l'égard de la colonie.

Mais comment font-elles ? Ce comportement a été très bien étudié chez les termites de Guyane qui disposent de poches renfermant des cristaux d'une protéine contenant du cuivre. Ces ouvrières kamikazes sont toujours sur la défensive et lorsque les adversaires prennent le dessus, elle se font exploser en augmentant la pression au niveau des fameuses poches.

Le sens de l'orientation

Là encore, il s'agit de termites mais d'Australie, cette fois. Elles construisent des termitières en forme de mur, pouvant atteindre 2 mètres de haut, 1 à 2 mètres de large et quelques centimètres d'épaisseur et orientent toutes ces constructions afin que lorsque le soleil tape le plus fort, un minimum de surface soit touchée. Alors qu'inversement, le matin et le soir, la termitière expose ses parois les plus grandes pour être réchauffées.

Ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que les termites bâtissent leur termitière de l'intérieur et n'ont donc aucune référence au soleil lors de la construction. Une piste d'explication : ces insectes sont sensibles à l'orientation du champ magnétique terrestre.

►►► « Insectes sociaux » un livre de Eric Darrouzet et Bruno Corbara, aux éditions Quae

Dans l'actualité, un dialogue à ne pas rater

C'est celui qui unit Nicolas Hulot à Pierre Rabhi. On le doit au réalisateur Jean-Paul Jaud qui a laissé tourner sa caméra lors d'un échange spontané entres ces deux personnages emblématiques.

Résultat, près d'une heure de complicité exceptionnelle avec pour titre « Réponse à une enfant ». L'enfant, c'est la jeune Severn qui avait lancé un appel au secours pour la planète en 1992. C'est produit par J+B Séquences.

Une étrange exposition au Muséum aquarium de Nancy

Elle s'adresse prioritairement aux jeunes et a pour titre « Moches ! ». Il s'agit de passer en revue les animaux considérés comme vilains, repoussants, disgracieux et autres qualificatifs dégoutants pour les regarder différemment et comprendre leur singularité.

Humour et science vont de pair dans cette exposition qui revisite les notions de laideur et de beauté.

►►► "Moches !", une exposition du Muséum aquarium de Nancy, à voir jusqu'au 24 septembre 2017.

La citation de la semaine

Elle nous ramène à nos fourmis : « Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts » - Isaac Newton

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